Regarde-moi. Ne reconnais-tu pas le lieu inviolable de ton intime souffrance, la souffrance mirage, l'abîme avant le shoot et le suprême plaisir. Absorbe avec délice la douleur - au miroir que je te tends tu te reconnaîtras enfin - et t'envahira l'ultime extase que tu fuyais depuis l'enfance. Abandonne-toi.
Qd je ne parviens pas à écrire, c'est que je combats pour ma survie, avec cet affolement qui monte en procession de fourmis le long du corps.
L'écriture est alors image belle et lointaine de la demeure où m'attend ma belle, elle est le château seigneurial que je n'ai pas rejoint depuis des années - même si j'ai écrit la veille, ou qqs secondes auparavant -, et vers lequel vont toutes mes pensées, car je suis harassé des batailles, je suis las des cris et des râles, écoeuré des terres fécondées de sang...
J'aspire au désert qui nettoie, au rocher où s'asseoir, aux chaises rigides du mausolée où je replacerai les pièces de l'échiquier.
Car je refuse la tombe.
Je m'assigne cette tâche de tisser les liens qui permettront à mes bien-aimées de s'aimer, à toutes ces anges égarées et tristes qui se désespèrent dans des continents oubliés, de briser leur isolement, de sortir du labyrinthe bâti par un champ historique blablabla d'attaques millénaires contre les dieux. OK on a compris.
Toutes sortiront de leur prison, trouveront les sentiers, quitteront les mondes de la mort - dont ce monde-ci - pour ensuite parcourir, au-delà des siècles et des distances, la route jusqu'à l'union totale.
Je refuse la mise en bière de mon aimée.
Lysergic Saüre Dyethylamine ?
Terence