Regarde-moi. Ne reconnais-tu pas le lieu inviolable de ton intime souffrance, la souffrance mirage, l'abîme avant le shoot et le suprême plaisir. Absorbe avec délice la douleur - au miroir que je te tends tu te reconnaîtras enfin - et t'envahira l'ultime extase que tu fuyais depuis l'enfance. Abandonne-toi.
Convulse, mon amie,
J'ai si peur
de moi
de me réveiller de voir que je suis aveugle
de savoir que je suis mort
de ne plus me refléter dans le miroir
au retour d'une longue promenade dans le passé,
solitaire
J'ai si peur de l'autre
mais que je reconnais à son regard trop vif
où qu'il se cache ou ne se cache pas
et passe non sans me regarder
me fouiller cambrioler mon âme
et éteindre mes yeux
Il est dangereux de visiter la nuit les parcs exotiques
J'ai peur
je reconnais à mes doigts les victimes
sous ma plume les cris tu entends ?
mais c'est pas moi
J'ai peur
mille sacrilèges attendent d'être commis
Sous les plus lentes courbes que décrivent mes gestes
la moindre des pensées n'est-ce pas ne peut s'effacer
irréversible et seul bourreau mais quel raffinement
quelle belle inconscience nous fait sauter d'humeur
au bord de l'abîme
de joie d'amour de tant de douces violences
de douleur et encore il n'est pas permis d'être triste
sinon c'est peine de mort
à vouloir se survivre
"Coupable !"
J'ai peur c'est dans ma tête
Diamant que je m'affaisse
et la voix douce encore murmure
"Coupable !"
J'ai peur
il fait si noir tu te tiens à mon cou
je sais le devoir de tes mains m'étrangler
non rien jamais ne finira jamais je sais
la tête fait la course des aiguilles
et me tourne
c'est mon cou qui se tord
du temps défunt vertèbres vices
et vis sans fin
J'ai peur
je sais
je vais me réveiller
savoir que je suis mort
dans le miroir
le vérifier
je me suis tant attardé
on a fouillé cambriolé mon âme
j'étais juste sorti
me promener
une nuit dans ton parc exotique
et je t'ai tant aimée
je me suis attardé
Tu te souviens ?
Je t'ai écrit
Pas de couleur mais le noir
Le noir
Le noir plein de cris
Que je sois ce que tu dis
Si tu le dis
Terence