Regarde-moi. Ne reconnais-tu pas le lieu inviolable de ton intime souffrance, la souffrance mirage, l'abîme avant le shoot et le suprême plaisir. Absorbe avec délice la douleur - au miroir que je te tends tu te reconnaîtras enfin - et t'envahira l'ultime extase que tu fuyais depuis l'enfance. Abandonne-toi.
Tu as les cheveux rouges
A l'onde et lisse corolle de ton bas-ventre
Eternelle éperdue je cueille un oeillet rouge
Chaque nuit me lisant ô ma douce
En mon nom tu te caresses - je regarde
Et me plonge en ton gris-vert mystère
Hélas ! Tu écris ta propre tragédie
Tu gardes tes jetons tu n'oses pas mettre la mise
Tu finiras en fait divers style télégramme
Ou musique de slogan - oui tu as peur du loup
Du bel abandonique l'affront facile et laconique
Alors ? Toi l'inconnue de la Seine emporte-moi
Ou toi, toi qui me lis - de toi à moi dis-moi toi
Que je cesse de rire à la Femme Promise
La nuit où mon sexe en ton sexe enfin je dormirai
Oubliant les lunes nuit après nuit qui accusent
Les yeux cernés de fatigue je rêve de ta forêt rouge
Te souviens-tu Peter Schlemihl son ombre perdue
Je te veux regarde-toi décide notre transe future
Prends chair - et fais que se mêle notre sang
J'ai tant donné de coups, diamant ! - j'enrage
Monte-moi à cru, diablesse, la danse de tes reins
Fera de nos deux vies une vie une seule - viens !
Terence Carroll