Madness Anywhere out of the world ? Open Mind L word
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Me revient en mémoire la lumineuse critique du chef-d'oeuvre de Amos Kollek, par
Aude Benjamin, parue dans la revue Technikart de juillet 2000, et il me faut aujourd'hui, c'est viscéral, en
publier qqs extraits.
Ce soir je m'étais repassé "Sue perdue dans Manhattan"... ça fait dix ans que je visionne et revisionne le film, chaque fois je me fais démolir : tandis que Sue, peu à peu, inexorablement, est
soustraite du monde des vivants, le rayonnement de son intégrité et de sa noblesse menace de me faire basculer avec elle dans la poésie pure.
Rien que ça.
Okay. Restons calme. La phrase que j'ai placée en titre de cet article est la conclusion (ouverte) de l'analyse d'Aude Benjamin. Sue descend-elle aux enfers avec en filigrane une telle lucidité ?
Bien sûr que non. D'où vient qu'il me semble voir en elle la figure de l'ange ?
[Nota : je pars du texte d'Aude Benjamin, mais je le réécris en fonction de ma propre interprétation du film.]
Sue s'est dérobée à ce que l'on attend d'elle. En tout point, pas seulement socialement. En acceptant cette exclusion, son incapacité à combler qui que ce soit, elle rejoint Lilith, la
"BANNIE des textes", celle que rien ne peut aliéner.
"Sue, écrit Aude, n'a pas d'histoire, pas de poids, pas d'âge, pas d'avenir. Elle est légère comme son foulard de soie. Elle ne connaît - elle le dit elle-même -, qu'un mode de
communication, le SEXE. Avec les mots, on s'élabore, on établit des LIENS. Avec le sexe, on se perd. Sue, si elle s'accrochait, pourrait s'en sortir. Mais elle GLISSE irrémédiablement vers le
vide."
Paradoxalement, ce vide n'est pas rien : le "creux de l'existence", selon le mot de Paule Salomon (in "La
Femme solaire", Ed. Albin Michel), est au contraire la base cathartique primordiale.
Dieu a laissé un espace sans dieu. L'univers est né parce que Dieu, l'infini, a laissé un vide à partir duquel la création nous incombe.
Sue - Lilith, la lune noire, errant dans les abysses de la solitude pour avoir refusé la normalité des apparences -, vivra avec une singulière passion des aventures sans lendemain :
SUE N'EST PLUS GARANTE DU LIEN MAIS DU TROUBLE.
Elle est celle qui échappe toujours, celle qui sait que ce que chacun peut apporter à l'autre, c'est le manque.
C'est-à-dire le DESIR.
Terence
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Katherine Moennig
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"Mon amour, murmura-t-elle,
nous allons nous appartenir
dans un pays étrange que tu ne connais point.
Ce pays est celui des fous.
Je viens te dépouiller de tes sens vulgaires
pour t'en donner d'autres plus subtils,
plus raffinés.
Tu vas voir avec mes yeux,
goûter avec mes lèvres.
Dans ce pays, on rêve,
et cela suffit pour exister."
(Rachilde, 1885)

Träume (by
Françoise Hardy)
"Tropfen auf heisse Steine"








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