Regarde-moi. Ne reconnais-tu pas le lieu inviolable de ton intime souffrance, la souffrance mirage, l'abîme avant le shoot et le suprême plaisir. Absorbe avec délice la douleur - au miroir que je te tends tu te reconnaîtras enfin - et t'envahira l'ultime extase que tu fuyais depuis l'enfance. Abandonne-toi.
Sans plus de force qu'à tes pieds m'abandonner
Et mourir enfin, quelle belle mort, et renaître
Mourir étouffé mon ange sous le noir sourire
Vertical qu'entre tes douces cuisses tu caches
Etre englouti, enfin, en ta secrète intimité
Toi mon ultime amour, ma renaissance
Ô ma déesse criminelle de mon coeur la flamme
Qui d'autre que toi de ma nuit seule étoile
Ô Diamant de tes arêtes vives je sais la cicatrice
D'où coule ma joue sur ta joue de larmes épuisée
Aux longs cheveux d'ébène, mèche blanche arborée
Ton corps se mourait solitaire et fiévreux
Et tes yeux brillaient d'ancestrales révoltes
Quand nous marchions à tâtons par-delà la lumière
Sur le fil nuit étrange toi si pure d'un doigt te déflorant
Ma mulâtresse maîtresse je me suis incliné
Toi au sourire effronté tu enfantas mes songes
Ayant choisi de ton monde me faire l'offrande
La brume se dissipe et s'éclairent tes yeux
Tant de souffrance cachée mais tu respires enfin
Et tes mamelons pointés qui frissonnants me frôlent
Et cet émoi nocturne, s'entrelacer sur la tombe
Sous laquelle reposent de brûlantes ténèbres
En tremblant se toucher se caresser s'effleurer
Ô ma déesse criminelle je te prends et t'implore
Je rêve en tes muqueuses le sang de ma puissance
Ici se gravent sur les dalles nos amours souveraines
Je rêve mon ange ton étreinte sur ma tombe
Terence