Regarde-moi. Ne reconnais-tu pas le lieu inviolable de ton intime souffrance, la souffrance mirage, l'abîme avant le shoot et le suprême plaisir. Absorbe avec délice la douleur - au miroir que je te tends tu te reconnaîtras enfin - et t'envahira l'ultime extase que tu fuyais depuis l'enfance. Abandonne-toi.
Comment est-il possible au guerrier solitaire d'exposer et de faire partager son univers intérieur, sa réflexion, ses personnages, ses objectifs, et de décrire son chemin éternel vers les dieux, sa propre essence ou simplement la vérité, alors qu'il n'y a pas d'autre alternative que d'être guerrier et solitaire ?
L'ange comme le dandy est hors du temps.
Alors...
Plutôt que te laisser imposer un univers par ta propre folie ou celle des autres, ne crois-tu pas qu'il t'appartient, à toi-même, de créer une autre réalité par ta propre imagination, puis la rendre cohérente et inattaquable ?...
Et la quête de la vérité ?... La seule vérité sera celle créée par toi, non pas seul mais avec tes frères éparpillés qui sans que tu le saches sont tes "dupliquants", pour que vive ce monde "virtuel" tellement plus réel.
Que vive un monde, tout entier tendu vers la beauté éternelle, liberté totale d'agir, avec cet idéal que nous ont montré nos pères en beauté, en élégance, en force physique, en lucidité, ceux qui nous enseignent à chaque instant - car nous restons fidèles - leurs textes sublimes, ces créateurs d'univers, dieux étranges qui nous ont donné la grâce de ne pas défaillir:
- Nos pères chéris que sont Homère, Virgile, Apulée, Apollonius de Tyane, Amenophis IV, Platon, Christopher Marlowe, Lord Byron, Mary Stuart, Chopin, Schopenhauer, Baudelaire, Oscar Wilde, Orson Welles, Sarah Kofman, Mette Bodtcher, Zinoviev, Philip K. Dick, Yasushi Inoué, John Kennedy Toole, Bret Easton Ellis, Jean Genet, Gregg Araki, Kalou Rinpoché, Deshimaru, et l'immense Patanjali, de ce côté des mondes...
- Orphée, Héraklès, Shiva, Kuan Yin, Ophélie, Faust, Melmoth, Immalie, Carmilla, Biondetta, et tant d'autres, de l'autre côté (> dans un prochain article).
Comment ? Que disais-tu ?
Mais QUI est halluciné ? Ne sommes-nous pas hallucinés à l'instant même où nous "venons au monde" ? En quoi dois-tu accorder plus de crédit - quant à son existence - à tel personnage dit réel qu'à tel autre dit de fiction ?
Ne sont-ils pas l'un et l'autre tout autant extérieur à ton être souffrant, et n'y a-t-il pas plus de "réalisme" et de grandeur dans la lucidité (expression pléonastique) à croire en l'impossible, l'invérifiable, l'improbable, ou en la vie indépendante, éternelle, des représentations ?
L'invisible - qu'il soit hors du vivant ou inside - n'est-il pas plus présent et plus vrai en toi, et ne te donne-t-il pas la chance de communiquer, d'avancer sur le chemin de la connaissance, d'aimer, de te trouver face à ta déesse, et d'enfanter, for ever and ever ?
Night and Lightning !
Terence