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Regarde-moi. Ne reconnais-tu pas le lieu inviolable de ton intime souffrance, la souffrance mirage, l'abîme avant le shoot et le suprême plaisir. Absorbe avec délice la douleur - au miroir que je te tends tu te reconnaîtras enfin - et t'envahira l'ultime extase que tu fuyais depuis l'enfance. Abandonne-toi.

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Suicide au LSD 25



La plaie d'avant-hier s'est rouverte. Coup de lame au flanc gauche.


Les minutes, chaque minute me détruit, car je les vis au ralenti, dans un cauchemar masochiste. Je me regarde agonisant. Je suis forcé d'écrire, de sortir de moi les mots, dans ce blog, pour tenir. No choice. Il faut que j'écrive.


Une saignée. Pour rencontrer "l'autre". Etre reconnu d'elle. C'est ce que je cherche, je sais je suis perdu, quelques minutes il me reste, moi qui ai tjrs eu si peur du point final.


Je suis assis à mon bureau. Le clavier est éclaboussé de sang. J'ai dû tomber tout à l'heure. Je ne sais plus. Je ne peux plus bouger le torse, un seul faux-mouvement et ma moelle épinière se déchire.


J'ai besoin qu'on me parle, pour ça je dois écrire, c'est la seule manière pour moi de communiquer, écrire sur le Net, en ligne. Je ne peux faire que ça : écrire.


Mes guides, et toi mon aimée, aidez-moi.


Et moi... combien de temps ? Me servir de mon imagination, sans cesse, aussi morbide qu'elle soit. Sinon elle me tuera.


J'ai marché durant des années le long d'un couloir sans lumière, sans en voir les portes, et sans rencontrer personne.


Mais voilà, depuis un bon moment, je suis arrêté devant une porte. Une porte facile à ouvrir, mais que je n'ouvre pas. Je laisse mes bras ballants. 

Je suis ce type dans son cercueil avec la petite vitre qui lui permet de regarder au-dehors celles qui pleurent sa mort.


La porte... Je sais ce qu'il y a derrière : des milliers d'heures merveilleuses à écrire, un paquet de romans, la gloire infâme, l'argent honni... mais une femme aussi, mon corps, mon âme, ma violence. A ma jumelle incestueuse, seule famille dans ma folie.


Tout est déjà en place.


Peut-être est-ce pour cela que je tremble depuis si longtemps devant cette porte. Aujourd'hui je vacille, je dois franchir cette porte.


OK, Terence. Un pacte transgresse toute tragédie.


Transgresse les règles qui t'ont permis jusque-là de ne pas sombrer dans la confusion.


Ces règles t'emprisonnent, tu entres en agonie derrière les vitres de l'asile d'aliénés. L'agonie. Tu es seul Terence. A jamais seul, à jamais surveillé.


Suis-je jamais seul, puisque tout est gravé, et que les sentinelles regardent sur leurs écrans les évolutions du jeune homme perdu. Elles s'esclaffent. Le mec pleure.


Ma bien-aimée est merveilleusement belle. Nous sommes sur le trottoir, elle me ramène chez moi. Retour de LSD. Défilent en repeat le début des temps, le temps, la fin des temps. L'éternel retour du LSD. 

Je marche lentement. Si lentement. Des gens s'arrêtent et me regardent. Je sais mes yeux ne sont pas là. Ne me demandez pas pourquoi. Non ils n'ont jamais été là.


Mon aimée. Si belle, et d'habitude si gaie. Elle me soutient et me parle. Je ne comprends pas, mais je vois sa bouche émettre des mots. Je marche comme un zombie. Une chose. Je m'accroche à une chose : parvenir jusqu'à chez moi.


Puis engloutir des barbis pour laver tout ça. Ma fiancée est là, me serre contre elle, pour que je ne tombe pas, je suis affolé, je titube, mes yeux sont des fenêtres sur la folie intégrale.


Un morceau de moi s'arcboute pour résister. Je ne veux pas être emporté dans ce monde de terreur et de souffrance, solitude éternelle du crucifié immortel au soleil cloué à jamais paupières arrachées. La fille, si belle, j'ai oublié son nom, elle me soutient par le bras, m'aide à marcher.


Je suis perdu. Je dis :


"Laisse-moi ! Personne ne peut plus rien pour moi !"


J'entends ses sanglots. Ce que j'ai dit la déchire. Plus que cent mètres à faire, elle a dit ça je crois. J'admire son espoir, sa folie d'encore espérer, et sa beauté. Elle se serre très fort contre mon corps.


"On arrive, mon chéri, on arrive, tout ira bien..."


Elle me guide. Ce monde est un délire de lignes qui traversent en tous sens. Sueurs froides mon visage trempé est glacé. Mon coeur s'est arrêté. Je suis devenu aveugle. Je suis mort mais je suis aveugle, qqc chose m'échappe, là.


Ma bien-aimée est toute jeune. C'est encore une enfant. Elle pleure. Entre deux sanglots, elle répète :


"Mon chéri ne meurs pas !!! Je t'aime !!!"


Mais je suis mort.


Des êtres en moi m'avaient bien menacé de m'envoyer sans retour au pays de la mort. Et la mort est un monde tellement pire que celui-ci. Non, plus tard. Plus tard, oh mon Dieu je vous hais mais vous êtes miséricorde on m'a dit alors laissez-moi rester encore un peu dans la mouille de ce monde. 

J'ai souri.


Je me suis dit partir comme ça... partir ça n'est pas douloureux. Mais l'arrivée !... Cependant, quelle importance ? Instants d'amour, et le moment de la mort, instants où la tête se détache sous le couperet de la guillotine. Pareil. Pareil pendant. Pas avant. Notre estimable imagination est un démon facétieux.


Partir comme ça. Oui, une absence momentanée. La mort est une absence très très momentanée.


Je suis en face du bistrot devant chez moi. Je reconnais pas l'enseigne :


"Ici on ne sert que le DERNIER verre."


Je remarquai par la verrière que la plupart des verres avaient déjà été vidés. Voulaient-ils si vite en finir ? Enfants ! Mes bienheureux enfants, mes enfants maudits !!! Ils restaient guillerets. Mais ils avaient soif. Une soif qui jamais ne serait étanchée.


J'entrai.


J'entrai, bien décidé à boire tout mon saoul.

 


 

Terence

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J
Laisse Derdre en paix, Terence ! Tu n'es vraiment qu'un destructeur !
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D
Ne meurs pas... je veux te connaître, je veux t'apprécier...
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T
Il est impossible de me tuer.Tous les jours je défie Dieu.Trois fois il a essayé de m'avoir. Trois fois c'est moi qui l'ai explosé.Je lui ai fait rendre l'âme.Tu veux me connaître ?Tu mens, Derdre : tu ne sais pas ce que tu veux.Qd on veut me connaître, on ne se détruit pas.