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Regarde-moi. Ne reconnais-tu pas le lieu inviolable de ton intime souffrance, la souffrance mirage, l'abîme avant le shoot et le suprême plaisir. Absorbe avec délice la douleur - au miroir que je te tends tu te reconnaîtras enfin - et t'envahira l'ultime extase que tu fuyais depuis l'enfance. Abandonne-toi.

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Deirdre des Douleurs


 

Une maison d'édition bien connue m'avait commandé une courtissime intro pour un bouquin sur l'Irlande.


Il reste mien, puisqu'on me le refusa on se demande pourquoi, aussi j'en remets au jour et en chantier cet extrait, avant travaux.


Du destin tragique de Deirdre sont nés nombre de textes des romantiques irlandais, mais aussi allemands, russes et italiens. Je te raconterai ça.


Ce texte aujourd'hui me fait bien rire. J'étais si naïf, à l'époque, de croire qu'on pouvait faire passer un message vengeur en loucedé, à la barbe des petits chefs du lobby éditorial.


J'avais 18 ans. Aujourd'hui je serais bcp plus véhément, c'est pourquoi ceci est là simplement en bande-annonce d' un article autrement polémique. Pour me rappeler à mon devoir atavique.


Tout ça était bien gentillet. Juges-en.

 

  

We serve neither King nor Kaiser,
but Ireland

 



Les textes épiques de la période celte étaient de tradition orale, et ce furent les moines chrétiens qui les massacrèrent de bons sentiments en les transcrivant par écrit à partir du IXe siècle.


Deirdre, du cycle d'Ulster, survécut à ce saccage.


"Elle a les boucles blondes, et ses yeux, superbes, sont gris-bleus. Ses joues sont pourpres comme la digitale. Le trésor de ses dents est une neige de l'hiver. Ses lèvres sont brillantes comme l'écarlate."


Son destin cruel inspira à John Millington Synge sa dernière pièce, Deirdre of the Sorrows (1910).


Le thème : élevée dans le secret par le roi Conchobar, la belle Deirdre - sa promise - s'éprend de Noisé, fils d'Usnech, roi d'Ulster. Elle s'enfuit en Ecosse. Conchobar, par traîtrise, fit de Deirdre son instrument pour faire la peau de Noisé.


Deirdre se suicida, exhalant la longue plainte que transmirent les bardes irlandais jusqu'au Sinn Fein, jusqu'à l'IRA - l'Irish Republican Army -, jusqu'aux Irish Volunteers, car Deirdre c'est l'Irlande elle-même, prisonnière et qui soupire à la perte de l'être aimé.


Le roi Conchobar c'est l'Angleterre.


L'Angleterre qui ne lésina sur aucune traîtrise pour mettre l'Irlande à sa botte, et l'enchaîner.


Deirdre, suicidée, engendra Padraic Pearse - car c'est bien de ce poète dont nous voulons parler, qui dirigea l'insurrection de Dublin le 24 avril 1916.


Shane Mc Gowann, chanteur des Pogues...


"Pog mo thoin !"

 

Il n'est de fiction qu'autobiographique.
Sorrow, cité par Henry Miller   

 

Terence

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M
Je n'avais jamais vu cette légende sous cet angle... intéressant ;-)<br /> Merci d'être passé sur mon fil et de m'avoir fait découvert par la même occasion ton blog ! Je repasserai te lire dès que j'aurai un peu de temps devant moi ;-)<br /> Te souhaite une bonne soirée<br /> Moira xxx
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D
Je me languis de tes commentaires...
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D
Deirdre des Chagrins, j'ai pas gardé le i car ce n'est pas fini.Au plaisir.
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T
Derdre, ton nom je le voyais tout autant d'un mot hispanique, ou même américain...Mais Deirdre of the Sorrows s'imposait - moins le "i" de Irlande. J'essaie tjrs de piger les arcanes cachées, mais ça part en tous sens, et je me perds.Deirdre... il y a aussi chez l'héroïne le nom de l'Irlande : l'Eire.Et puis, mais là c'est perso,la rivière en grande partie comblée pars le cours des Cinquante Otages, dans ma ville de Nantes : l'Erdre.Derdre pouvait signifier "de l'Erdre" - ainsi sous-entendre que tu es de Nantes.J'ai tjrs mal à mon Irlande. Mais l'Histoire montre que la guerre appelle la guerre, et la seule mise jouable c'est la paix et l'amour (oui, je joue les durs, tu la sais toi, de moi, cette bombe à retardement que j'ai à la place du coeur, mais oui, j'y crois, l'amour...).Pourquoi évoquer l'Irlande me fait-il tjrs immanquablement penser à ce tableau de Hébert (1890), "Ophélie" ?