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Regarde-moi. Ne reconnais-tu pas le lieu inviolable de ton intime souffrance, la souffrance mirage, l'abîme avant le shoot et le suprême plaisir. Absorbe avec délice la douleur - au miroir que je te tends tu te reconnaîtras enfin - et t'envahira l'ultime extase que tu fuyais depuis l'enfance. Abandonne-toi.

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Les fées chantent quand la mort rôde


Chez moi en Irlande on dit: "Les fées chantent quand la mort rôde..."

 

Venez mes muses, des ténèbres venez, il est 4 heures du mate je vous invoque, insufflez en moi les mots, chantez !... Et annoncez ma fin - si ça vous chante.

 

Je suis immortel, immortel de chair et d'âme, d'os et de nerfs sur ma chaise de bois rigide (> "A_Celle_qui_s'enfuit"). En mes veines je goûte la lave déversée.

 

J'aime la morsure du désir insatiable, dont je me meurs, et dont je me repais. 


Ô mort, ma bien-aimée sans nom, sans image, reçois mes avances, je te poursuivrai après chaque fin du monde, rien, rien ne finit jamais. Je vous veux, mes vierges vénéneuses, catins de cire, mes saintes alanguies. 


Ô ma femme, ma mort, prends-moi.


Fréquenter la mort, si belle et élégante, androgyne et au regard perdu de celle qui ne dort jamais, et l'emmener sur le sol de mon living pour l'aimer et la combattre des nuits entières, ça, ça me connaît, car elle sait, la mort, ce que c'est que partager un plaisir, ce que c'est que deux corps nus, mêlés dans une longue lutte farouche Mélodie pour se voler les plaisirs cachés, et les muscles fermes qui se nouent, deux corps qui se reconnaissent...


"Nous avons le même corps", m'a dit la mort quand nue la première fois - éblouie elle me contemplait moi-même nu - et je fus flatté, son corps je l'admirais c'était un mix entre Naomi Campbell et Milla Jovovitch.


Milla-Jovovitch-2.jpg

 

Deux corps qui se reconnaissent de la même eau, du même feu je veux dire, et qui embrassent l'univers dans une interminable plainte, faire basculer le plaisir de l'un à l'autre, encore un tour de grand-huit, et toute l'intelligence du monde entre dans les yeux qui se ferment, puis à terre, les corps encore plus beaux, rassasiés, apaisés, luisants de sueur sous les bougies, abandonnés aux lunatiques fleurs de flammes vacillantes, les doux baisers de la mort abandonnée à son fiancé éternel, mes mains, calmées, qui passent doucement dans la longue et épaisse chevelure de la mort sublime - décidément la meilleure des maîtresses, et quelle santé !

 

- Tu étais là depuis longtemps mon amour, pourquoi n'étais-tu pas venue me voir ? J'étais seul, je t'attendais...

 

Mais la mort est timide. Elle ne répond pas, elle craint de rompre le charme, elle se serre contre moi:

 

- Je ne te quitterai plus, je le jure... tu me crois ?

 

Quelle enfant, elle ne changera jamais.

 

C'est pour ça que je l'aime. Elle est sincère je le sais, tant ses yeux sous mes yeux s'émerveillent. Les mystères de la terre sont là, devant moi, ils me regardent et me disent je t'aime. Et puis demain elle fera un caprice, et ira multiplier la désolation sur les champs de bataille. Ou fera joujou avec les enfants de son âge, c'est son truc à elle, ces temps-ci... Elle est tellement imprévisible, mais c'est pour ça qu'on l'aime, non ?

 

Et moi demain soir j'irai sur les Champs, je boirai au Monte-Cristo, la boîte sud-américaine qui marche, et je noierai mon ennui en reluquant les cuisses fuselées de Aïcha, sublime danseuse professionnelle. Jazz-mambo, rumba et cha-cha-cha.

 

En attendant la mort.

 

 

Terence

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M
Prends garde, poète, la mort aussi danse le mambo !
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M
j'aime beaucoup votre blog - je suis vôte, l' empoisonneuse<br /> http://colchique.over-blog.com/
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