Bien. A la mort de Drusilla son amante, prince fin et généreux brutalement confronté à la sensation de l'absurdité de son destin, il part en vrille. De qui s'agit-il ? -
Caligula. Moi - pour être clair.
Alors... Albert Camus ?
Je file revoir "Stalker" - qu'on en finisse ! - puis j'entre dans un cyber visiter le blog de Soral, inévitablement - j'en sors blouson
ouvert - quelle chaleur - les pecs saillants je frime - désolé on s'refait pas mais j'en rigole c'est juste pour la galerie (sur les terrasses du Corti s'arborent des filles oversexy presque
nues), OK une fille du CdC dans la tête, tacos & come back home explosé je m'écroule m'offre un bourbon (hello Tom Waits) j'en peux plus de penser au suicide sans mode d'emploi (où est
passé le bouquin d'Alain Moreau, bordel ?), je vais sortir faire joujou, bientôt minuit, le couteau froid de la nuit et le Mono Desnudo, sur les quais - ou calle de la Virgen
Galeria Veinte-Dos...
Je clique et réécoute (5e fois depuis son passage avec Alain Veinstein le 2 février) Philippe Besson - qui soutient depuis tjrs Ségolène Royal.
Mes contradictions m'épuisent sans mal au fond de leurs abysses chaloupées, je manque d'air, je gerbe, et je remets ça - je fonce sur le site du Nouvel Obs voir mon
pote Michel Onfray - sur l'écran au-delà de mon bureau, Lawrence d'Arabie / Peter O'Toole à grandes enjambées sur les ruines du train terrassé - yeux verts métalliques flashes crépitants -
la gloire (seule une balle en or pourrait me tuer - dit-il).
Waou.
Et voilà qu'aujourd'hui ce cher Onfray explose en vol.
Il écrit ça :
Ségolène Bayrou & François Royal
Ségolène Bayrou & François Royal
Jeudi 26 avril 2007.
Bayrou a donc gagné les élections. Voilà le centre en passe de faire le prochain président de la République.
Le troisième homme devient donc le premier. La seconde, autrement dit la première femme, tient la place du troisième homme. Le premier, à savoir Nicolas Sarkozy, trépigne, piétine et morigène :
on lui vole le leadership, un tiers se met entre lui et lui, autrement dit, un vieux copain de sérail le prive du devant de la scène !
Bayrou est un homme de droite qui n’aime pas l’autre candidat de droite, son double. Pour éviter d’en faire une affaire personnelle, pour éviter également de laisser croire qu’il agit en fonction
de sa petite personne qu’il imagine en futur président dans cinq ans, Bayrou laisse croire que la France l’intéresse, que la Nation le préoccupe, que le destin de la République l’empêche de
dormir…
Ce qui est nouveau pour ce très ancien dévot de l’Europe. Le Béarnais n’a pas le souci de sa propre carrière, non bien sûr il aime tellement la France - un mot nouveau dans sa bouche
tellement formatée par la religion européenne dont il fut jusqu’à avant-hier le dévot le plus ardent. Désormais, il chérit l’histoire d’un Peuple dont il y a peu il se souciait comme d’une
guigne.
Bayrou n’aime ni la France ni les français, ni la Nation ni la République, il n’aime que lui. En bon chrétien, il est un faux modeste, un orgueilleux qui cache sa suffisance sous les oripeaux de
l’homme providentiel motivé par le seul le destin de son pays…
Faux Henri IV, véritable Ravaillac d’un peuple pris en otage, il veut non pas le salut de la France, mais travaille au caractère incontournable de sa petite personne de tout de suite à 2012. Il
prend date. Et, pour l’instant, ça marche.
Ségolène Royal, qui ne se soucie que de son ego, et se moque du socialisme comme d’une guigne , veut bien d’un mariage avec la droite, elle est célibataire ici comme ailleurs … Et puis la droite
de (François) Bayrou et la gauche de (François) Mitterrand ne sont pas l’eau et le feu… Ce qui motive l’impétrante ? Le poste ! Le fauteuil ! La fonction ! Le pouvoir ! La France, le Peuple,
l’électorat de gauche, la misère des miséreux, la pauvreté des pauvres, le désespoir de la classe ouvrière, les suicides sur le lieu de travail, le désespoir des ouvriers découvrant les
délocalisations de leurs usines en Chine, allons donc… Le socialisme ? Et puis quoi encore ?
Dès lors, passons par dessus bord les idées de la gauche, la tradition historique d’un Parti, et traitons Jaurès et Blum par dessus la jambe, comme Sarkozy… L’Elysée vaut bien une messe –
centriste.
Je souhaitais une gauche antilibérale unie pour faire pencher la gauche gouvernementale vers elle, non par militantisme trotskyste, communiste ou alter mondialiste, mais par souci pragmatique
d’un rapport de force favorable aux idéaux socialistes, les vrais… La gauche radicale fut désunie, potache, égotiste, infantile, narcissique et, pour tout dire, compagnon de route de la droite –
ou du kapital pour parler son langage…
Elle fut pure, ça oui, mais à quoi lui sert sa pureté aujourd’hui quand elle va devoir inviter à voter pour une gauche de droite associée à une droite de droite ce qui, au total, légitimera un
condominium de droites…
Merci aux cinq compagnons de route antilibéraux du libéralisme, ils nous offrent sur un plateau le mariage du pire de la gauche, le Parti Socialiste, et du pire de la politique, le centre.
Avec un score lilliputien , la gauche antilibérale réunie peut retourner à ses drapeaux rouges , à ses mégaphones, à ses banderoles, à ses autocollants, à ses bombes de peinture, à ses slogans,
le MEDEF se réjouit, il a gagné : le prochain Président sera l’un des leurs…
Que faire comme disait l’autre ? On annonce un parti, le Parti démocrate – le PD, vraiment ? Ah, bon, le PD, va pour le PD…-, il réunira la droite et la droite du PS, autrement dit le PS. Tous
les libéraux n’attendent que ça depuis si longtemps.
Dégrisé des barricades, il y a si longtemps (n’est-ce pas André Glucksmann ?), Daniel Cohn-Bendit , l’emblématique personnage passé du col Mao au Rotary – pour le dire dans les mots de
l’excellent Hocquenghem…-, est devenu le nom d’une pléiade de renégats passés aux affaires qui souhaitent aujourd’hui justifier leur passage à droite avec l’onction d’un emballage de gauche, le
PD à venir : « S’il vous plaît, pitié, bonnes gens laissez nous penser à droite, voter à droite, tout en croyant qu’on est restés fidèles à nos idéaux d’antan…»
Voilà leur credo depuis un quart de siècle. Ségolène va leur offrir ce cadeau, car elle est prête à payer le prix fort pour endosser le costume élimé de Jacques Chirac. Y compris le sabordage de
ce qui restait de gauche dans le Parti Socialiste.
J’avais dit que je voterais à gauche si un second tour opposait Sarkozy à Royal, mais c’était Royal première manière. (Comme j’avais dit que je voterais Bové qui justifiait son entrée dans
l’arène présidentielle par le projet de réaliser une union de la gauche antilibérale, jurant ses grands dieux qu’il ne serait pas un candidat de plus dans la gauche de gauche… Et je n’ai pas voté
Bové, qui a trahi la promesse de réaliser cette union qu’il a contribué à défaire, parce que je suis resté fidèle à mon engagement, pas lui).
Car Ségolène Royal deuxième manière n’a plus grand chose à voir avec la première. Je n’ai jamais voté à droite et si le PS consent à ce mariage, même s’il est de raison, je ne suis pas bien sûr
de lui apporter mon suffrage. Le problème n’est pas de gagner à tout prix cette consultation électorale en payant le prix fort de son âme.
Mariée à Bayrou, Ségolène Royal peut espérer être Présidente de la République. La belle affaire ! Pour faire quoi ? Et avec qui ? Quel programme ? Avec pour demain l’emblème d’une rose blanche ?
Quelle sera, au final, la politique de Ségolène Bayrou & de François Royal ? Celle de Sarkozy, l’épouvantail du personnage en moins ? Bayrou veut imposer ses conditions ; Royal ne les connaît
pas encore, mais elle a déjà dit oui à toutes.
Descendre les Champs Elysées sur l’aile de son tracteur ? Pas de problème… Aller à la messe avec lui le dimanche suivant les élections ? Pourquoi pas… Avaler les couleuvres cuisinées par l’ancien
intime de Luc Ferry ?
Oui… Pas très envie de manger de cette cuisine-là.
Face à la menace de cette dictature du centre, devant ce risque de tyrannie libérale, je vais écouter, observer et réfléchir. Pas encore certain que je voterai pour un virage historique qui
avaliserait le mariage du Parti Socialiste – selon le vœu de Fabius première manière, DSK de toujours, Rocard l’ancien, Kouchner l’aussi peu jeune, Allègre le subtil ou Besson nouveau style…-
avec la droite giscardienne.
La légèreté de la gauche antilibérale partie désunie au combat n’est pas pour peu dans cette déconfiture. Les libéraux, quoi qu’il arrive, ont déjà gagné. La gauche est morte.
Enterrement la semaine prochaine ?
(Michel Onfray, in
http://michelonfray.blogs.nouvelobs.com/archive/2007/04/26/ségolène-bayrou-françois-royal.html)
Mince, sous les yeux, "Jockey Full of Bourbon" - et les images d'un Tom Waits sublime (justement je le citais en intro, comme c'est étrange) - prouvant qu'être vêtu d'oripeaux de clodo ne lui ôtera jamais son allure de dandy.
Allez, je vous fais partager ce truc ô combien jouissif !!! Ce mec "me fait renaître,
avec dégoût, à la vie" (Lautréamont).
En cette qualité, parfaitement sa place dans cet article. Hop, un live sublimissime :
OK. Le truc sur Sarko puis l'hommage à Camus, plus tard - momento por favor, "j'ai du linge à repasser" - elle m'a fait trop rire.
Terence
Commentaires