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Ophélie
No limits N'arrête pas N'arrête jamais Kuan Yin
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Artiste-peintre, pigiste et gigolo, je me toque de cette excellente sorcellerie qui m'a permis de débusquer Dieu sous les jupes des filles. Night sky, I'm sex and blood, no limits - for ever and ever. C'est sans espoir. Pourvou qué ça doure !
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Pas de couleur, mais le noir, plein de cris, plein de viols, partout autour, le vide autour, le noir jusqu'au regard qui se pose, le noir de fête et de nuit, parcelle de nuit en plein jour, sous le soleil doré des autres, être le soleil noir des autres.
Ce matin, surpris de m'être réveillé, je me prends pour mon propre fantôme.
Hier soir, sur mon journal papier, j'avais écrit ceci...
Puis j'avais gobé, avec qqs verres de cognac, un peu trop (euphémisme) de ceci...
Et ce matin je me retrouve - normal - dans le néant, sauf que ma lampe de chevet est restée allumée, merde
!...
"Qd je pense à une histoire de fantômes, je songe à des fauteuils à bascule qui se balancent tout seuls, à des cris qui retentissent dans une pièce vide, à des enfants frileusement serrés près
d'un vieillard au long visage austère racontant - le verbe grave et l'accent lugubre à souhait - de sinistres histoires de défunts..."
Un truc dans le genre.
Je pense souvent à moi comme une enfant perdue de toute éternité, à jamais consciente d'être perdue et seule. Claudia, l'enfant vampire décrite par Ann Rice, résignée, peignant sa crinière blonde
avec en fond sonore le terrible battement du Coeur Récalcitrant d'Edgar Allan Poë.
Je me pense en orpheline de toute l'humanité.
Dans les contes (Andersen, Grimm,... jusqu'à Wilde), souvent on lit ce genre de phrase dite par une jolie nana dépenaillée, aux yeux tristes et à la longue chevelure à la gipsy :
J'attends - dans la vie réelle - une importante décision, et suis pieds et poings liés - psychologiquement - jusqu'à ce qu'elle tombe.
Je m'étais promis - comme certaines l'avaient deviné - au passage, thx à celles qui ont offert leur corps pour me faire croire en Dieu avec le coup du dérèglement de tous les sens -, je
m'étais promis, disais-je - momento, please, je m'en allume une -, de me remettre à mes articles quotidiens à partir de mon anniversaire, c'est-à-dire le 1er novembre dernier. Et puis voilà, ma
vie est suspendue à une décision qui ne dépend aucunement de moi.
Pour écrire, que ce soit une chronique, une short story ou je ne sais quoi, j'ai besoin de toute ma lucidité - les abîmes sont là pour ça -, ce qui est très loin d'être le cas depuis qqs
semaines.
Vous me manquez je vous assure, mais si je prends l'initiative aujourd'hui de me fendre de cet article qui n'en est pas un, c'est que l'info circule déjà - alors je confirme : D'UN JOUR A
L'AUTRE je vais enfin SAVOIR.
Peut-être demain, peut-être dans une semaine - pour ces jours-ci, quoi, et je ne le cache pas - j'ai une sacrée trouille.
"C'est vrai que - d'après calendrier -
il y a longtemps que je ne vous ai donné signe de vie
- Je comprends mal le Temps, tout compte fait
- J'ai souvent pensé à vous - qui voulez me tolérer
(je vous soupçonne d'ailleurs, un peu, de mystification)
- Merci."
(Jacques Vaché, "Lettre de guerre" du 9 mai
1918)
Journal intime du mercredi 27 juin 2007, 19h24
Je joue souvent au petit journaliste, mais je suis aussi mon seul public - pour un exhib comme moi, c'est monter de mon propre chef sur l'échafaud - et le sang a coulé - pas seulement le mien, je
vous expliquerai.
Hier soir j'ai entièrement modifié mon design (merci à Flo, à Bakemono - et à OverFAQ, car je dois penser aussi parfois aux garçons - bien que ceux-ci soient fort rares à venir m'escalader)
- cette sensation qu'à chaque fois que je renais il me faut changer d'apparte, voire de ville - sortir incognito fleur au fusil - de traquenards en coupe-gorge - mais vierge !
Bon. Nouvel apparte virtuel. "Il est dans l'essence des symboles d'être symboliques."
Dont acte.
Et que mon oeil de Cyclope illumine de mes terres en friche les gouffres au magot secret !
Pour faire simple.
Well. Le sain frisson de plaisir à l'idée de la féminine mort apaisante. Je ne me méfie pas de moi, je suis protégé, un ange me protège - le problème est que je passe mes nuits à le chercher, mon
ange, dans les plus infâmes bouges ou les îles lupanars. J'y crois pas une seconde, serait-ce une erreur ?
Me voilà signant sur mon "histoire personnelle" la ratification de mon incompétence stratégique - mon incroyable cécité pire encore qd on sait que j'ai tjrs choyé à mon chevet Le
Prince de Machiavel.
Je suis de moi l'injure, l'injure calme et soft - au pouvoir que je chéris tant - et si mal.
Or la princesse, de nos jours, sait plaquer le mauvais amant.
19h35
Mais il nous faut, dans notre humeur d'hui, nous arrêter au cocasse ponctuel, à l'image pouffe en tutu et strass que j'offre en pâture - narcisse jusque dans la geôle - je ris je me sais
surentraîné et s'il y a geôliers ils sont morts.
Là, notre pauvre princesse s'évanouit découvrant la fée Carabosse. Je m'égare.
Profonde inspiration pour rester quiet, non pas benoît mais placide, je me cramponne au plafonnier et m'allume une Pall Mall menthol, la cigarette du terroriste. Oui, je me suis remis à la clope,
je vous ai attendus trop longtemps.
Hélas ! Je me souviens bien de vous, mes créatures, belles, immortelles, femmes pourpre et violine qui me lisez, mes anges en mon désert.
Décidons enfin de ne plus jamais nous séparer, ayant survécu aux combats qui nous ont fait nous rencontrer tant de fois sans nous reconnaître.
20h00
Etrange sensation, me remettre à écrire ici...
Depuis mon retour d'Ibiza, ça fait bien quinze jours, je croupissais entre mes draps à fleurs roses, laissant mon beau visage se faire dévorer par la barbe - ce qui invariablement me donne un air
de psychopathe genre Charles Manson -, mes compagnes de rêve s'affolant nuit et jour en tous sens pour séduire leur prince de toutes les manies.
J'avais décidé de ne plus recevoir de "clients", coupé la sonnerie du téléphone, seuls qqs vieux intimes passaient de temps à autre - la nuit, après la fermeture de leurs bars préférés -,
pour se faire lessiver de qqs sesterces aux échecs ou au backgammon.
Les miroirs que je consultais me trouvaient laid, la chambre lumineuse de ses quatre fenêtres sur balcons plein Sud s'effondrait en poussière sous mes cauchemars diurnes, le monde me devenait
indifférent, je n'étais plus accroché au Grand Lampadaire que par les espiégleries de Ludivine, petite fée issue des entrailles de la fourmi frénétique qui me sert de voisine.
Je croupissais dans mon taudis de luxe depuis des siècles, je devenais doux et patient, j'avais en vue de dérisoires achats très frime - une superbe desserte Louis XIII et une immense armure
espagnole guignolette - au lieu de payer mes trois loyers de retard -, et je crevais de routine...
Avec pour seule diversion mon obsession pour Dorian Gray et l'extraordinaire beauté de Hurd Hatfield :
Photo tirée du film The Picture of Dorian Gray, de très loin la meilleure transcription du bouquin d'Oscar Wilde - réalisée par Lewin
en 1945.
Et bien sûr je réécoute sans cesse le 24ème prélude de Chopin - le plus diaboliquement romantique des morceaux de piano qui soient - prélude
que l'on retrouve telle une incantation magique à tous les moments clefs du film.
J'écoute souvent la version ultra émotive d'Alfred Cortot, mais j'aime aussi les interprétations plus rigoureuses de Martha Argerich ou de Murray Perahia.
Trouvé aucun des trois sur youtube ou dailymotion, alors je vous ai choisi Maurizio Pollini, dont le jeu, bien qu'un peu précieux, est le plus proche de celui d'Alfred Cortot :
(Ne trouvez-vous pas que Pollini ressemble étonnamment à Oscar Wilde ?)
J'ajoute cette autre interprétation, plus froide et néanmoins très belle, très violente, avec un son très Steinway:
Et je sors donc de ma solitude ce soir, vous invitant par ce mot tout simple du gigantissime Walt Whitman : "Allons, QUI QUE VOUS SOYEZ, venez voyager avec moi !"
"Mon amour, murmura-t-elle,
nous allons nous appartenir
dans un pays étrange que tu ne connais point.
Ce pays est celui des fous.
Je viens te dépouiller de tes sens vulgaires
pour t'en donner d'autres plus subtils,
plus raffinés.
Tu vas voir avec mes yeux,
goûter avec mes lèvres.
Dans ce pays, on rêve,
et cela suffit pour exister." (Rachilde, 1885)
Träume(by Françoise
Hardy) "Tropfen auf heisse Steine"
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