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  • : Terence
  • tobydammit
  • : Homme
  • : 03/11/1974
  • : Paris Nantes Barcelone Ibiza
  • : Ophélie No limits N'arrête pas N'arrête jamais Kuan Yin
  • : Artiste-peintre, pigiste et gigolo, je me toque de cette excellente sorcellerie qui m'a permis de débusquer Dieu sous les jupes des filles. Night sky, I'm sex and blood, no limits - for ever and ever. C'est sans espoir. Pourvou qué ça doure !

Who is Terence ?

  • : Toby Dammit's Trip
  • tobydammit
  • : Littérature
  • : Pas de couleur, mais le noir, plein de cris, plein de viols, partout autour, le vide autour, le noir jusqu'au regard qui se pose, le noir de fête et de nuit, parcelle de nuit en plein jour, sous le soleil doré des autres, être le soleil noir des autres.
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Amusettes sur le vif

Dimanche 12 août 2007



"Voyons, ma petite ! Personne ne se marie jamais avec son amant !"
(Mme de Merteuil, à la vertueuse Cécile)



Le visage éburnéen et le regard métallique, je tire la porte vitrée de la cabine publique. Je suis las, et je vais tourner de l'oeil si l'abruti fièrement campé sur le combiné ne se casse pas dans la seconde. C'est un vieil homme, et le seul grincement de la porte que j'ai ouverte lui fait retrouver son naturel lâche et obséquieux. Il s'est voûté, il a peur, il a cessé de cracher au combiné ses larmes de vieillard.

Il a soudain lâché le combiné quand devant lui sans un mot j'ai dressé une main couverte de mon sang vivace et terrible de fraîcheur. Je me suis ouvert les veines il y a pas cinq minutes. Pas pour mourir bien sûr, juste pour le spectacle, et signer le trottoir de ma vie, et signer de la croix renversée, de quelques gouttes, les quidams perdus de ce début d'après-midi étouffant d'août à Paris, période où se multiplient les terroristes gonflés de bonnes causes bien dégoulinantes.

Le vieux a flippé. Brandir ma main rouge m'ouvre toutes les voies. Je fais mine de l'effleurer, et m'efface pour le laisser fuir, le pauvre craignant que mon sang justicier ne le visât juste là où il a péché, dans une terrible giclée sidéenne et pleine d'humour. Je suis amoureux de Faye Dunaway depuis que je l'ai vue tirer, et poser, dans Bonnie and Clyde. Je regarde mes doigts couverts de sang, magnifiques, si affinés, dessinés par les longues coulées, et je compose le numéro de Claude.

(Episode à replacer : entre la castagne chez moi, mes poignets tailladés, et mon arrestation.)



Terence

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Lundi 25 décembre 2006

 


Préambule.
  



La parodie, le foutage de gueule, le dérisoire, la dérision, l'autodérision... L'écriture, c'est aussi un jeu rigolo, des petits défis stupides qu'on se lance just for fun. Genre, dis-moi Terence, chuis sûr que t'arriverais pas à écrire une parodie de polar américain...


Alors cette nuit, vers les 1 heure du mate, après cinq heures d'exercices physiques juste coupés le temps d'écrire un article posté à 22 h 15 -, silence total et relaxation - m'étant qd même fait plaisir en mangeant (en plus des acides aminés et des protéines végétales en poudre) - réveillon oblige ! - une salade verte et un filet de limande bouilli...


... Je me suis prélassé douillettement dans mon bain chaud et sa montagne de mousse rose, quand soudain, amusé, vite fait j'ai attrapé un carnet et j'ai écrit ça : 



 

Polar 

 



Je crois avoir le crâne solide, vu les coups que j'ai pu y encaisser, mais le cri hystérique du Seiko rongeant les brumes de mes derniers whiskies m'est tjrs aussi pénible. Surtout au moment où j'allais gamahucher Naomi Campbell. En rêve, bien sûr. Je fis fermer sa gueule d'un uppercut moite à mon réveil-matin et, d'un bond, me catapultai sur la moquette.


Ma chambre est si étroite que la porte brutalement ouverte - après avoir renversé deux bouteilles de scotch (vides, bien sûr) et un cendrier (plein) - vint me percuter le temporal sous la poussée ahurie de Mc Combie.


Aussi affectueux qu'une mère poule dans un élevage, il se laissa tomber dans un fauteuil où, comme coussin, il prit mon pantalon fripé et ma chemise puante de sueur sous ses fesses aigües.


Remontant sa mèche et ses lunettes d'un double mouvement, il m'observa - sans se verser un verre ni s'allumer une clope. Le regard genre vicelard que ces ascètes de pacotille revêtent dans leurs grands moments de jouissance : évaluer decrescendo et réduire à zéro les foireux intempestifs puant l'alcool, le sperme, le tabac et autres odeurs intimes.


- Jennifer Thompson-Rockfield, ça t'rappelle rien ?
- Si c'est la nana d'hier soir, elle se balade avec mon fric et mes chaussettes sales.
- Ca doit être elle parce qu'on l'a retrouvée sans fric, un bas très proprement roulé autour du cou.
- Et c'est tout ?
- C'est tout. Pas même une petite culotte ou un mot d'adieu. Sauf un nom sur une feuille de carnet.
- Le sien ou le mien ?
- Devine.
- Je parierais qu'tu vas être obligé d'te l'ver pour me laisser prendre mon pantalon.
- 'xact. Et vite. Il est déjà dix heures, et on aimerait t'autopsier avant midi.


***



Le plus coquet dans les bureaux de police, à part le sourire de la secrétaire, c'est les photos de l'orphelinat des fils de morts en service, la liste des morts à la guerre et autres joyeusetés, pour bien montrer qu'il n'y a pas que les pourris : il y a aussi les disparus.


Pour ce qui est de la coquetterie, les deux zigues qui m'accompagnaient à la rythmique et au chant n'en cédaient rien à la créature de Frankenstein. Malheureusement j'étais aphone ce jour-là, et ils durent meubler de back-vocals où j'appris comment la petite s'était fait dessouder.


A la sortie, je tâtais à mon front, un poil inquiet, les contours de l'oeuf de pigeon pondu par les cinq livres de phalanges d'un des golems siamois. Je croisai Mc Combie, lequel, rapport à la légère nervosité de ses goliaths de banlieue, me fit des excuses aussi nettes et franches que ses cols de célibataire.


Je me méfie tjrs de ce genre de personnage, dont les airs caves et complexes servent de couverture à une détermination trop subtile pour ma matière grise cyrrhosée. S'il découvrait rarement le vrai coupable, vous pouvez être sûrs qu'il ferait goûter au fauteuil alternatif celui qu'il avait décidé de prendre pour cible.


Et j'avais la désagréable impression de sentir, sous ses regards de myope, se dessiner des cercles concentriques sur ma poitrine.


Ayant interdiction de quitter la ville pendant l'enquête, je dus choisir entre me saouler et entreprendre ma propre enquête pour meubler le temps. Je choisis, plein de conscience professionnelle, la première solution. Jamais on ne doit travailler gratis, sinon on risque de voir flamber le marché.


Comme je ne quitte de toute façon jamais la ville (sinon deux fois par an pour aller voir ma vieille m'ma dans le Middle West), je choisis le bar d'Humphy.


***



La folle squelettique mélangeait agréablement la parabole de bordel et la vulgarité mystique. Ses longues mèches tombaient comme un rideau déchiqueté sur son théâtre miteux. Et tout ça avec des airs de gentilhomme ruiné empli d'un mépris qui n'avait d'égal que son orgueil de pochette-surprise.


Mais il savait servir les whiskies avec une rare maestria. Je m'en pris un double, qui vida la moitié de sa bouteille dans mon écuelle. Faisant tourner mon verre sur le comptoir, je me lançai dans un Kandinsky pour formica et eau-de-feu tout en entamant mon couplet.


- Tu sais, la petite qui vient souvent ici en coup de vent, eh bien elle a pris froid dans les courants d'air...
- Ah ? me répondit-il, dithyrambique.
- Ouais. Et qd je dis "vient"... on la reverra pas de si tôt. Elle est morte. Ca lui est tombé sur les bronches et elle pouvait plus respirer. Pourtant elle s'était serré très fort un bas autour de la gorge en guise de cache-nez.
- Une fille que tu connaissais ?
- Pas vraiment. Mais elle a eu la bonne idée de mourir avec mon nom délicatement calligraphié dans la main. Et la police, tu sais comment ils sont... Tu peux pas tirer une rafale sur quelqu'un sans qu'on t'accuse d'avoir voulu le tuer. Dis donc, ce serait pas toi qui aurait refilé mon blase à une admiratrice en mal de frissons ?
- Tu sais, j'étais pas particulièrement son genre de victime qd elle venait ici. Trop vieux, trop expérimenté et pas du bon sexe, si tu vois.
- Mal. Mais raconte tjrs. J'adore les histoires salaces, surtout qd ça peut m'aider à me tirer d'un sale pétrin.


Dans un baragouin métaphysique genre "Devenez philosophe en dix leçons", il m'expliqua toute son importance dans une histoire où, à première vue, on n'avait même pas pensé à lui écrire une figuration.


Néanmoins, j'en tirai un renseignement très intéressant : il est dommage qu'elle n'ait pas eu le temps de me joindre, car elle semblait avoir l'âme sensible et le tempérament volcanique.


***



En passant devant ma boîte, je pris les monceaux de lettres de mes admirateurs, pour la plupart secrétaires d'huissiers ou de créanciers, et, sous l'oeil furieux de ma concierge, m'engouffrai dans l'escalier où elle tenait siège.


- Vous avez encore eu la visite de la police ce matin ?
- C'est mon métier, madame Brook.
- Un jeune homme que j'ai jamais vu est venu vous demander.
- Ici ? Pas à mon bureau ?
- Ma foi non. Vous savez ce que c'est.
- Ma foi non. Et vous ?


Je n'attendis pas qu'elle poursuive pour me précipiter sur mon palier, défoncer la porte et me mettre à l'abri de son discours postillonnant.


***



Je contemplais dubitativement mon tas de chaussettes sales, par la fenêtre me venait le chant grégorien mécanique et les sopranos des klaxons, les mouches voletaient de verres sales en restes de sandwiches, lorsque la douce harmonie de mon foyer fut troublée par quelques coups frappés à ma porte.


Je glissai la main sur mon browning et observai le miroir qui, du coin de la pièce, me permet de vérifier la correction de mes hôtes.



(à suivre)

 

 

Terence

 

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Lundi 11 décembre 2006



 

Une proie facile, c'est l'assurance de ramener une nana au plumard dans la 1/2 heure

 

 


Les signes pour la reconnaître (un seul signe suffit - foncez ! des pros, y'en a bcp, et d'ici 5 mn vous vous ferez griller par un autre chasseur) :

 


  Elle n'est pas dans son quartier (elle mate pas les bonnes vitrines), elle marche doucement, sans but.


  Elle est désoeuvrée, elle a des signes faux-chic genre fausse Rolex.


  Elle lit les petites annonces dans le journal seule à une terrasse de café.


  Elle boit un café dans un endroit branché et traîne.


  Elle pique un truc discretos, elle gruge...


6°  Vous parlez, et la devinez illico très ambitieuse mais paresseuse.


  Elle parle d'elle comme d'une viande : "Je suis hyper bonne, j'ai des super fesses..."


  Elle est très jeune (13-14 ans), avec un jean Miss Sixty hyper moulant.


9°  Elle est anormalement sexy.


10°  Elle fait du stop en ville pour aller en ville.


11°  Elle parle facilement à des inconnus style top relous.


12°  Elle parle facilement à des inconnus style Armani hyper-friqués.


13°  Elle vient de se faire jeter par son mec.


14°  Elle est élevée par son beau-père.


15°  Elle vient de faire une fugue et la joue cool.


16°  Elle est la seule cliente de tout le trocson, et est assise (= nouvelle dans le quartier).


17°  Elle lit un Beigbeder, et n'a pas tourné une page depuis 2 mn.


18°  Elle est seule en boîte et un peu saoule.


19°  Elle est seule dans un troquet et commande sa 3e bière.


20°  Elle est seule et boit de la Téquila.


21°  Elle est assise par terre dans un quartier louche avec un grand chien et un sac.


22°  Elle parle avec Terence - trop tard, vous vous êtes fait griller. 

 

 

Terence

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