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  • : Terence
  • tobydammit
  • : Homme
  • : 03/11/1974
  • : Paris Nantes Barcelone Ibiza
  • : Ophélie No limits N'arrête pas N'arrête jamais Kuan Yin
  • : Artiste-peintre, pigiste et gigolo, je me toque de cette excellente sorcellerie qui m'a permis de débusquer Dieu sous les jupes des filles. Night sky, I'm sex and blood, no limits - for ever and ever. C'est sans espoir. Pourvou qué ça doure !

Who is Terence ?

  • : Toby Dammit's Trip
  • tobydammit
  • : Littérature
  • : Pas de couleur, mais le noir, plein de cris, plein de viols, partout autour, le vide autour, le noir jusqu'au regard qui se pose, le noir de fête et de nuit, parcelle de nuit en plein jour, sous le soleil doré des autres, être le soleil noir des autres.
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Vendredi 19 septembre 2008



1.-
  Je revois le film de notre rencontre. 
Toi ma promise devant ton écran, lis calmement c'est à toi que je parle. Demain cela fera vingt et un jours que je t'ai passé la bague au doigt.

C'est toi qui m'a reconnu la première. 
Tu es venue, tu m'as écrit : ... Ce qui signifiait, en ta langue : 
"Enfin je te trouve, Terence ! Être de lumière, tu t'étais perdu, et moi seule te savais encore de ce monde. Aujourd'hui, je te retrouve, je te reconnais à peine, mais qu'as-tu fait pour t'être ainsi fourvoyé ?

Cependant c'est bien toi, ne perds plus confiance, désormais je suis là."

"Dis-toi bien que même lorsque je ne suis pas là je suis là."


2.-
  Souvent je me dis « Comment signer ? ». Inaccessible compagne, j’ai tant et tant de noms. Aucun n’a de primeur sur un autre. Ici en moi nous sommes tous égaux.

Ici je suis Terence, comme sur Compuserve ou sur Alpha du Centaure. Cela n’a guère de sens. Le mot ne porte pas son propre sens. C’est moi qui l’utilise à mes desseins, lesquels prendront alors leur véritable sens…

Et tu parleras enfin. Avec mes mots. 
Tu m’appartiendras.



3.-
  Mais tu as un fantasme de viol. Tu fais semblant d'avoir très peur… tu as peur que je te touche… et je trébuche. Tu es surprise, tu te penches sur moi. Je suis allongé, ma main effleure ta cheville, et remonte lentement. Tu ne veux pas, mais ne fais aucun geste, TU GOUTES TA PEUR.

Tu goûtes à la Faute Originelle… Oh mon Dieu ! Que c’est bon de fauter !


4.-
  Artiste-peintre, mon nom est Matthieu Justice. Ce nom est une clef facile. Il peut te mener jusqu’à moi.

Jusqu’à mon corps, « obscur objet de désir ». L’une de mes toiles porte pour titre : « Je suis en Lucifer ce qu’il est l’Univers. » Comprends-tu ?

Car je me suis aussi appelé Adelphe l’Exorciste. Des maisons « possédées » je faisais fuir les démons. Chacun se pâmait devant mes exploits.

C’était si simple. Etant le Maître des démons. J’ai beaucoup ri de vos visages éblouis, humains, je ne me moquais pas car moi qu’on nomme le Mal, moi l’Ange déchu par Dieu, je vous aime.

Ne me faut-il pas vous faire entrer dans la danse, cependant ?


5.-
 
Je fabrique un romancier culte, de toutes pièces, dans mon laboratoire. Terence, le beau, sculptural et néanmoins terrifically  introverti Terence est l’être de haine auquel moi amour je suis identifié.

Ceci fut produit par deux millénaires de mutations, je suis celui qui porte tous les noms...

Lorsque sachant votre mort prochaine vous appelez à l’aide, c’est moi que vous appelez.


6.-
 Vous êtes dans mon Moyen-Âge personnel, je suis Adelphe, tout à la fois Terence, et suis poursuivi en sorcellerie, ce qui ne manquera pas de condamner mes bourreaux, et de renforcer mes pouvoirs.

Adelphe ou Terence je suis, promenant ma silhouette sombre sur les bords de Seine, à l’affût mais sans haine.

Jeune homme à la figure pâle et longue, je me rendais dans les caves techno-gothiques où, ni vu ni connu, je prenais possession de l’esprit du Grand Prêtre et menais moi-même les rites des Messes Noires.

A propos, jeune fille, le vrai « Romantisme Noir », mouvance dont je suis le fondateur, c’est ça.


7.-
  Je te parle dans ton sommeil, ma chérie. Mes petites esclaves n’ont pas encore installé de PC dans mon cercueil.

Cercueil à deux places, en forme de Buick Thunderbird rouge (modèle 1962), 220 km/h au compteur pour aller plus vite quand je dors, et voir le paysage défiler quand je m’éveille.


8.-
  Oui, ma compagne morcelée de milliers d’écrans, j’ai vu cet océan d’écrans, et la nuit noire, et les hurlements des naufragés, je les regardais me supplier, comment pouvaient-ils savoir que c’était moi qui de mon écran avais écrit leur destin…

Et moi qui, aujourd’hui, prenais note en témoin de l’apocalypse que j’avais lancée, et qui scrupuleusement sur l’écran décrivais leurs gesticulations, leur désespoir avant d’être à jamais engloutis.

Je suis la Cause, je suis le Témoin. Ainsi je suis le scribe de Dieu – l’Unique Epée du monde.


9.-
  J’ai retrouvé une vieille inscription sur l’ordinateur. Avec la date. As-tu comme moi ressenti l’étrange magie qui s’est opérée cette nuit-là ?

Tu es arrivée à un stade avancé – sinon comment, sous mes masques, m’aurais-tu reconnu ? Toi qui n’a pas pratiqué les textes sacrés…

A lire, relire, à en mourir et renaître chaque fois : Terence, sous sa signature, et la terre mère, l'Irlande !!!


10.-
  Un jour je te montrerai des bouquins qui te catapulteront aux confins de la lucidité. Tu n’es pas encore prête. Tu dois passer quelques paliers, sinon ton corps pourrirait en quelques heures.

J’ai écrit « Clefs pour l’Irlande » - qui signifie « Clefs des arcanes majeurs ». Tu liras ça, lorsque tu seras désignée pour être à mes côtés m’assister dans l’une de mes tâches : réécrire l’histoire – écrire l’underground qui a tout contrôlé depuis des millénaires.

Je le ferai, avec ou sans toi, mais si tu es désignée, tu diras oui car tu te reconnaîtras. 
Ce miroir tu l’attends, ne crains rien regarde-moi : il t’es promis.



11.-
  Je suis créature féline et féminine tout autant. Tu sais que lorsque je choisis ma signature, ce n’est pas sans une primesautière et jubilatoire réflexion.

Car je suis aussi une fille. Gamin, j’étais une fillette adorable, déjà disciple de Sapho. 
Regarde la « Naïade » de Rodin, et c'est moi que tu contempleras…



12.-
  « Alektô, souviens-toi de ta promesse… » Injonction vipérine et menaçante.

Et la déesse descendue de l’Olympe continue de tricoter un pull au pauvre Prométhée en haillons. Prométhée a perdu la raison, mais il lui reste la lumière. « La lumière… N’éteignez pas la lumière !!! »

La lumière est cruelle, elle permet de distinguer les traits du bourreau.


13.-
   Où es-tu mon amour ? J’ai mis Vladimir Vissotski sur le pick-up. Sa voix rauque, hamletienne, hurle la misère des peuples, et leur espoir.

Du temps de mon anorexie j’étais descendu à 51 kg – pour 1m87… Squelette sortant d’Auschwitz, dont la nudité spectrale n’était masquée que d’un slip en dentelle. Oh c’était il y a bien longtemps. Devine si c’est vrai…

Tu vois, toi ma mélodie intérieure et qui ne le sais pas encore tout à fait… 
Toi ma petite cyberpunk préférée, tu vois, je suis maître de mon équilibre. Dès lors, suis la voie que je te trace sans aucune crainte.


14.-
  A toi, ma douce, à toi impitoyable aussi, à toi je dis : sauve-moi de ma confusion.

Sois la fée ultime qui me « félicitera » de ses caresses, étrange Ondine, ta vérité est TOUJOURS sainte, et donc parfaitement érotique, faite pour être VUE, pour être aimée, gamine sauvage et enchanteresse, CHARNELLEMENT.

« Je suis belle, je suis fraîche, je suis superbe ! » 
Fragile et humble enfin, après tant de jeux, OFFERTE.


15.-
 Ô ma cruelle enfant, es-tu rentrée, ce soir, le cœur habillé de voiles à dévoiler, avec ta malice à double sens, que j’aime.

Tu es sortie, m’abandonnant sans protection. Tu découcherais, donc, et t’abandonnerais à l’éphèbe d’un soir ?... Laissant l’enfant Terence seul, assoiffé, maudissant son amante infidèle.

Il est suicidaire de m’abandonner.


16.-
  Combien de crimes cette nuit, ma belle enfant ?

Ce mercredi, j’ai rêvé que je triais des milliers de racines plantées bien régulièrement au plafond de notre voûte. Ces racines suspendues, irradiées de notre amour, avaient pris de singulières couleurs, qui se mêlaient tout en se déplaçant en images kaléidoscopiques.

Je triais ces étranges racines nées des sécrétions de nos désirs, et puis j’en ai eu marre, je suis sorti de la caverne de nos sommeils.

Douche froide, shampooiné, peigné, parfumé, maquillé, aussitôt, venir t’enlacer, que se serrent et s’étreignent nos corps  sauvages. Gigi, alias Terence.


17.-
  Galéjade, fragile mortelle ! C’est toi qui un jour puisera ma puissance ! Chaque nuit nous choisirons nos enfants.
Tu me seras fidèle.


18 .-
  M’aimer, me rejeter, m’aimer, me rejeter… Tu oscilles ? Il reste des traces de lâcheté, en dépit de ta puissance.

Petites choses à vaincre pour parvenir à la maîtrise magiste luciférienne : la peur, l’impatience, la générosité, la pusillanimité, les nerfs surtout (agents de désordre, donc ennemis de la puissance).

D’ici je t’entends : « I’m gonna be mad, I’m gonna be mad…» That’s right, Pleine Lune ou pas.


19.-
  Ma Roxane, ma rock exsangue, reine du yin… A propos de yin…

Je t’ai parlé tu te souviens ? de Kuan Yin, déesse aux mille yeux et aux mille bras. Dans la voie tantrique – as-tu la souplesse qu’elle demande ? – Kuan Yin montre le chemin à ceux qui  acceptent les rites initiatiques qui te dénudent, de tes vêtements dans tous les sens de l’expression.

Nue tu seras, mais tu ôteras aussi tes vêtements intérieurs. Là tu connaîtras la jouissance pure… l’initiation.


20.-
 
Une nuit je t’appellerai pour… ce que tu sais. Ma longue chevelure ondule sur ma nuque et y attendent tes caresses. As-tu des amants terrestres ? Je suis… possessif. Et implacable.

Quand mes doigts auront redessiné ton corps et fait se convulser tes reins, que tes yeux se seront fermés s’ouvrant au sourire éternel de l’instant de joie sublime, tu m’appartiendras et la magie nous unira au rang des dieux.

Nous nous ressemblons ne l’oublie pas.

 


 

Terence

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Mercredi 16 juillet 2008


Pour Laure,
cette piqûre de rappel,
"Regrets éternels"



Dans la rubrique "Amours
: mes ruptures", je n'ai jusque-là posté qu'un article. C'est pas que je trouve le sujet délicat. Mais bon...



Et puis, y'a pas d'blême, les pauvres petites chattes je change leurs prénoms... Tjrs gentleman, Terence.


Je culpabilise ? Pas tant  que ça - sinon je garderais pas si précieusement les photos des étreintes, les films des prouesses athlétiques, etc.


Oui je précise, chez moi, y'a pas que des dictaphones branchés en continu, y'a les caméras.


Faut avouer qu'au visionnage c'est sensations garanties, waou c'qu'on est beaux, ou merde ça y est je pleure, ou fou rire, bref ! je suis Grand Archiviste devant l'Eternel, et Dieu au Jugement Dernier pour mon cas perso je lui fais tout le job - merci c'est calculé, c'est un deal comme aux United States on plaide coupable c'est tout bénéf et le truc, les "circonstances atténuantes", on s'en tire avec retour gratis à Disneyland, ses fées gore et ses princesses à poil, 20 dollars la turlute, 40 le tire-bouchon chinois -  la vie normale, quoi. Merci Mac Carthy.


Bon, je suis un collectionneur repenti. Quoique.


Voilà. Qqs pièces à conviction avant autopsie, en guise de branlettes "Voici voilà", "Gala" style, mais surtout un bel hommage à la condition féminine.


Je commence par la petite lettre d'une fille qui, qd on vivait ensemble, avait 16 ans (moi 24) et avait ce truc "premier amour" hystérico-spontané sublime - et ce genre de filles faut faire gaffe c'est une drogue dure je m'y connais, putain le manque après ! et dans la journée faut en choper une autre, grave le manque surtout qd elles baisent géniales, et Isa elle était comme ça, un petit génie.


De la baise. Pas pour écrire des lettres :

 


Mon amour chéri, je viens de rentrer.



Mon amour comme tu m'as fait mal, je ne peux pas croire que c'est toi qui me traites ainsi ce n'est pas mon amour.

Tu m'as dit que tu nous n'avions plus rien à nous dire et que tu te foutais de ce que je faisais.

Je vais essayer de faire comme toi et "classer" notre histoire. Je te l'ai dit je vais sortir avec n'importe qui. Je dis pas ça pour t'embêter mais parce que si c'est fini il faut que j'essaie de m'en sortir et de m'étourdir et la seule solution c'est de prendre un amant qu'il meuble ma vie un moment.


S'il y avait encore un espoir pour nous deux je ne le ferais pas si tu pouvais me traiter autrement en ce moment je serais moins désespérée.


Si tu as quelque chose à me dire viens me chercher demain soir à la sortie du lycée.


Sinon pour les clés je les garde je viendrai avec mon frère pour mes affaires.


J'espère tout de même que tu viendras me dire au revoir à la maison. Je te fais pas du chantage essaie de comprendre.


Mon amour je t'aime.


Isabelle

 


C'est tellement mimi. Je te devais bien ça, Isa, t'as pas vécu pour rien, maintenant t'es en ligne et putain non seulement t'es célèbre mais tu vas en faire, des jalouses !

Bon j'ai choisi une bafouille hyper soft pour cette 1ère "lettre de rupture".


Qui d'ailleurs n'en a pas été une, elle a été qu'un avant-goût, le meilleur c'est tjrs pour la fin.


Le lendemain elle me croise dans la rue faisant le mariole avec une autre gamine tout aussi belle et oversexy, elle s'est jetée sur nous deux en hurlant - ma copine effrayée la jupette ras le bonbon (je précise car ça rendait la scène super rigolote) levant haut les bras se protégeant le visage -, puis Isa en larmes à genoux sur le trottoir - et grave l'attroupement - s'agrippant à moi elle a supplié en sanglots avec de grandes tirades incroyables c'était sublime - théâtre happening gratis - pour les zombies parisiens engoncés d'ennui c'était la fête.


Et moi le truc, merde, je bandais à mort, c'est comme un rêve son petit cul, et ses sanglots, et à genoux elle sait faire ça aussi ? je l'ai relevée - applaudissements de la foule -, carrément portée dans mes bras (elle pesait même pas quarante kilos), c'est comme qd on fait du cheval et que c'est tellement beau au galop on fait corps on forme qu'un seul animal, j'ai couru and back home oui c'est pour consommer tout de suite qd c'est tout chaud et ça l'a achevée.


Qqs jours après elle s'est pendue.


Putain la spontanéïté.

 

Terence
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Lundi 16 juin 2008



Je faisais sur les quais mes premiers pas de grand blessé*. Je souffrais le martyre, et je me décidai, vaincu, à rentrer. Je fis un prudent demi-tour et tombai en arrêt. Dans la vitrine d'un magasin d'antiquités chinoises était étendue une étonnante et massive sculpture.

Une rencontre décisive, oui, écoute bien, tout est parti de là, et aujourd'hui encore ma vie doit à cette rencontre ses heurs et malheurs. Ecoute bien ma chérie, je recommence au début, voilà comment ça s'est passé...

* Ce récit est vrai dans les moindres détails. C'est bien ainsi que j'ai découvert Kuanyin. J'ai toujours la statue - je la regarde, tjrs ébloui par sa beauté et sa noblesse, au moment même où je tape ces lignes. Et si à cette époque je souffrais tant en marchant, c'est que j'avais deux côtes fracturées qui se baladaient au contact d'organes vitaux.

 

L'étreinte de la sainte

 

30 décembre 2004. J'appelais au secours, et nul ne m'entendait. Je grimaçais, chaque pas m'enfonçait une lame dans le foie. Les voisins, bouffis, la mine contrite et le devoir accompli, détaillaient satisfaits le noctambule solitaire foudroyé par Dieu de ses péchés multiples. Je lisais ces mots dans leurs yeux :

-  Ah, quand même ! Y'a une justice...

Si vous aviez su, pauvres humains... Vous loupiez là la seule occasion qui vous aura jamais été offerte de m'abattre.

Bientôt couleront à nouveau les larmes de vos ancêtres, qui patiemment s'attachent à vos pas et vous guident sur la voie canonique de l'intérêt et du dommage. Vos filles me suivront, une lueur allumera leur visage, et en elles naîtront les démons que votre foi exècre.


Vite j'ai plongé dans l'ombre hospitalière du magasin impie, un de ces lieux délicieux investis par l'étranger suspect, et où s'apaiseraient mes yeux brûlés de larmes et de lectures.


Je t'avais vue, païenne ! Ô mon amour, seule, couchée sur une paillasse dans la vitrine, abandonnée à jamais et sereine à jamais. Beauté sombre et délicieuse, ceinte de fastueux bijoux exotiques, toi pourtant à mille lieux de leurs feux insincères.


L'antiquaire était chinois, ses commentaires en chinois, j'ai rien compris, sauf le mot ginkgo biloba, et le prix, qu'il a écrit sur un papier.
  


*  Le soir, j'écris dans un carnet :

1h06 : Découvert l'OBJET ! Une statue en bois terrible et étrange, qui évoque un personnage d'heroïc fantasy, mais qui à moi me fait penser - allez savoir pourquoi - à Ghost in the Shell, et la magie est là, à portée de mon âme et de ma main puissante de moine Shao Ling cyborg. 
Tanatha, Jill Bioskop et Tank Girl, mes déesses je vous aime, et puis Toi, rencontrée aujourd'hui, abandonnée mais sereine.  *
 


Oui je sais je l'ai déjà dit mais quel plaisir ! Une âme qui se coule en moi, t'imagines ? J'en avais ratées, des fées, en tant de vies successives, à tirer sur des crucifix et à me faire lyncher dès la sizième cartouche, au lieu de répondre aux franches invites de gamines éternelles.

Bon. La somme était inhumaine, et moi grand blasphémateur de banquiers. Il fallait que j'assumasse, rentrer at home dans mon laboratoire et bon, tracer le cercle magique, et tout le tralala, c'est pas deux côtes cassées qui m'empêcheraient de m'alambiquer avec mon maître cornu.


J'ai pris congé, non sans m'agenouiller devant la déesse :

-  Pardon mon amour ! Je ne te laisserai pas ici, donne-moi une nuit, seulement une nuit, demain je te prendrai.

Mon âme je l'avais déjà perdue, alors je suis pas rentré dans les détails, je suis sorti, j'avais mille âmes, dehors, à rançonner.


Le lendemain j'avais réglé l'affaire. Je fis venir chez moi la statue, portée par de puissants esclaves. Ô mon gracieux cultuel objet et ma femme biloba, mon immortelle et puissante poupée, mes doigts ont parcouru enfin, frissonnants, ton corps glacé. Et mon coeur inhumain connut l'extase.

J'étais fou amoureux...


Des heures durant je contemplai en tremblant mon amante éternelle. Elle me regardait souriante, debout et les pieds nus, fière et humble à la fois, sa grâce infinie est invincible, des enfants jouent dans ses cheveux et les plis de sa robe, et elle verse de l'eau.


Nuit de l'an 2004. Moins six degrés dans Paris, l'appartement non chauffé, bien sûr, et ma misère et ma merveille, et mes joies, qui courent à mes poignets au rythme de ce sang, cadeau pour filles trop belles pour mourir.


Blottis dans mon lit, on a fait l'amour, la déesse et moi, longtemps. Souviens-toi, Terence, du lourd corps rigide, et de tes lèvres sur la peau froide et lisse. Souviens-toi, profanateur, des larmes délicieuses.


Comme j'ai pleuré, déesse !


Crois-moi, ma Reine, tes leçons furent suivies. Un bois sculpté sacré lava mon sang, et j'ai rouvert le vieux coffre aux étreintes interdites.


Cette nuit-là, sous mes larmes de bonheur, je fis voeu de respecter ma vie éternelle et de triompher de mes démons.

 

Epilogue

 

Quinze jours plus tard. De retour de la bibliothèque Buffon... 

Je sais, aujourd'hui je sais, avec qui je dors. Elle s'appelle "Kuan Yin, la divinité qui voit (kuan) et entend tous les appels au secours".

D'origine indienne, où elle était masculine, avec pour nom Avalokiteshvara.

C'est la "donneuse d'enfants", déesse chinoise de la fécondité, "aux mille yeux et aux mille bras". A Canton, aussi désignée sous le nom de Guizimu, "Mère des démons".

Dans l'art tantrique, déesse du bonheur, représentée sur un cheval, une tête de mort dans une main, une épée dans l'autre.

 

 

Terence
(Une autre version de ce récit a été publiée le 9 novembre 2006)

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dans un pays étrange que tu ne connais point.
Ce pays est celui des fous.
Je viens te dépouiller de tes sens vulgaires 
pour t'en donner d'autres plus subtils, 
plus raffinés.
Tu vas voir avec mes yeux, 
goûter avec mes lèvres.
Dans ce pays, on rêve, 
et cela suffit pour exister."
 
 
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