Aujourd'hui c'est ton anniversaire, je n'ai pas cessé de penser à toi, je guettais un
signe, j'ai marché le long des bouquinistes des bords de Seine... tu m'as entendu et j'ai trouvé le livre que tu me réservais.
Je l'ai posé sur mon coeur et j'ai couru jusque chez moi, je me suis effondré sur le lit et laissai enfin mes larmes couler. J'allais lire tes "Lettres à Kérimé".
Née le 11 juin 1877, Renée Vivien est souvent considérée comme une poétesse décadente, typique fin de siècle, alors
qu'elle était la plus rock 'n' roll, la plus enjouée, la plus romantique... et la plus suicidaire des figures de la littérature parisienne de la Belle Epoque.
Elle aimait les femmes, elle multiplia les conquêtes, mais qd elle en aimait une, c'était la folie !
"Tu m'appartiens, ne l'oublie pas un seul instant ! Par l'ardeur, la fièvre et la folie, je t'ai faite mienne. TU NE DOIS PAS m'oublier... parce que moi, je ne t'oublierai jamais."
Ecrit-elle à Kérimé en octobre 1898 depuis le Péra Palace de Constantinople, dès après leurs premiers ébats sexuels.
Renée Vivien mourut à 32 ans, le 18 novembre 1909 à 6 heures du matin, consumée par les drogues, l'alcool et les jeûnes prolongés. "L'existence de Renée Vivien ne fut, dit Natalie Barney, qu'un
long suicide."
Natalie Barney avait été son plus grand amour, ou du moins celui dont la perte ne fut jamais acceptée.
L'écrivaine Colette habitait la maison voisine de celle de Renée, et elle conserva de la poétesse à la "beauté satanique" un souvenir éloquent... Voici ce qu'en écrivit Shari Benstock :
"Colette ne pouvait comprendre la nature de sa jeune voisine. Ses visites dans l'appartement
OBSCUR où, dans un intérieur de velours SOMBRE, de pâles chandelles brûlaient à midi, où l'air était lourd de parfums de LYS et d'ENCENS, l'horrifiaient. Dans cette claustration, Renée Vivien
écrivait de douloureux poèmes sur ses amours perdues, se languissait de Natalie Barney, buvait, se camait, et pour finir se laissa mourir de faim."
De 1901 à 1909, elle publia un quinzaine d'ouvrages, la plupart des recueils de poèmes.
Ce soir j'aime bcp celui-ci, frissonnant de cruelle et douce malice :
Je t'aime d'être faible
Je t’aime d’être faible et câline en mes bras
Et de chercher le sûr refuge de mes
bras
Ainsi qu’un berceau tiède où tu reposeras.
Je t’aime d’être rousse et pareille à l’automne,
Frêle image de la Déesse de l’automne
Que le soleil couchant
illumine et couronne.
Je t’aime d’être lente et de marcher sans bruit
Et de parler très bas et de haïr le bruit,
Comme
l’on fait dans la présence de la nuit.
Et je t’aime surtout d’être pâle et
mourante,
Et de gémir avec des sanglots de mourante,
Dans le cruel plaisir qui s’acharne et tourmente.
Je t’aime d’être, ô sœur des reines de jadis,
Exilée au milieu des splendeurs de jadis,
Plus
blanche qu’un reflet de lune sur un lys...
Je t’aime de ne point t’émouvoir, lorsque
blême
Et tremblante je ne puis cacher mon front blême,
Ô toi qui ne sauras
jamais combien je t’aime !
Terence
@
ajouter un commentaire commentaires (0)
Madness



Removed !!!













Commentaires