Madness Anywhere out of the world ? Open Mind L word
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Tu t'arrêtes, la bobine continue de se dérouler. Tu perds la vie. Cours ma chérie, détruis ce qui n'est
que fugace étincelle, tout ce qui n'est pas lumière et à jamais.
Regarde-moi. Ne reconnais-tu pas le lieu inviolable de ton intime souffrance, la souffrance mirage, l'abîme avant le shoot et ton suprême plaisir. Absorbe avec
délices la douleur, au miroir que je te tends, tu te reconnaîtras enfin - et t'envahira l'ultime extase que tu fuyais depuis l'enfance. Abandonne-toi.
Tu le sais, tu m'étreins depuis si longtemps. Ne te dégage pas, n'appelle pas au secours, c'est trop tard, et ça tu le sais aussi. Et que te fais, à toi, de ranimer les
feux d'une raison fossile ?
Maintenant, entends les fatales formules, échos de tes rêves - qui se relèveront de par ta volonté ranimée. N'aie crainte ! Personne n'a suivi le film, tes
soupirs ne sont que ceux de la nature effrayée, n'aie crainte je suis là, toujours, tu es seule face à moi, nue, tu aimes ça... tu m'observes tandis qu'en toi je m'imprègne.
Me lire c'est s'engager. Tu le sais, ce que de moi tu lis s'imprime en toi - avec d'autant plus de force que rien de ce que tu connaissais jusque-là ne peut en arrêter
l'inoculation. Le vaisseau de Toby Dammit, pour être subgalactique, circule en tes veines. Nul recul n'est possible.
Te souviens-tu de mes mots : "Nulle lâcheté n'écartera jamais la main du bourreau."
Reconnais-toi au lieu inviolable de l'expression de ton intime souffrance : ceci même, là, maintenant, ce que tu lis... Oui ce que tu lis est maintenant en toi.
Ne crains rien, au pur centre de la souffrance, plus de souffrance - de même qu'au centre du cyclone règne la paix.
Une âme attentive est dévoreuse d'absolu, et la peur de se perdre est fille du désir. Ne t'inflige pas les ruines résignées du théâtre du temps. Sur les planches
disjointes de la scène s'époumonent des femmes qui trébuchent, meurent et se relèvent, arrachant de leurs ongles les fards de l'espoir qui sans cesse renaissent. Ne sois pas des leurs.
Regarde celle-ci, voyageuse imprudente, qui se tourna vers moi et découvrit mes yeux, se battant la poitrine, folle ou trop lucide qu'importe,
aujourd'hui infligée de visions elle rampe à la recherche de ma main. Dis-moi, que vois-tu derrière elle ?
Tu ne peux réprimer un réflexe d'épouvante, mais encore une fois : ne crains rien, je suis ton talisman. Seulement, ne t'endors pas, à moins d'encourir la visite de tes
obsessions les plus définitives.
Celle que tu vois errer entre les mots n'est autre que toi, le texte t'a donné vie, se prêtant à tes élans les plus farouches. Il vit en toi, et de toi,
consens donc à sacrifier ta vie, à prendre ma vie chrysalide, qui n'attend plus que la chaleur de ton âme pour enfin se délivrer. S'élever.
Lis avec ferveur, ne relève pas les yeux. Si par malheur tu parvenais, dans un dernier sursaut, à t'agripper aux chaînes fragiles de la vie, se déploierait un désert où
tu vivrais à jamais, seule à jamais, et je sais que cela te tente, plutôt que de me l'offrir, ta vie, car ton passé t'a fait connaître l'attraction de la chute, la divine tentation
de la fatalité, qui répond au doux nom d' "effondrement".
Elle lisait, et naquit en elle une raison nouvelle, vivant de sa combustion même. Elle y vit un nouveau jeu, et tendit les mains. De ces voluptueuses pensées la jeune
fille ne revient pas intacte. Elle pense à Lautréamont :
"On admire le jeune homme qui s'est suicidé. On l'admire, mais on ne l'imite pas."
Doucement elle repousse les draps, se dresse - son cerveau a la noirceur de la nuit sidérale -, sort de son lit, et se dirige avec précautions vers la fenêtre, d'où elle
se penche. Dans son rêve, elle se précipitait dans le vide.
* sur sa table de chevet, un vieux bouquin à la reliure de métal argenté : "Je suis le rêve" *
...
Il leva la tête. La silhouette d'une frêle jeune fille, là-haut, était éclairée par une lune mourante.
Dormir n'est qu'un rêve, se disait-il. On n'échappe pas à l'insomnie, pour ne pas s'échapper à soi-même, pour rester attentif. Combien de fois n'ai-je pas dit :
"On ne peut mourir que par manque d'attention."
Pourtant mon amour qd je vous aime je veux mourir, dormir pour ne jamais plus me réveiller. Et qd je veux mourir j'accomplis les rites.
A la nuit tombée il descend dans des bas-fonds qu'il connaît bien, là où depuis les pavés ulcérés d'artificielles lumières sortent des couteaux prompts à
égorger, à éventrer. Il sait que mourir n'est qu'un mot mystérieux qu'évoquent les mages, et une vieille légende, mais il se dit : "Eh bien, Terence, pourquoi ne pas le vérifier ensemble
?"
Il veut vivre encore. Encore un peu. Il sait qu'un geste suffirait pour bousculer l'univers et découvrir dessous, cachées, les eaux cristallines où court un enfant
révolté qui porte son nom.
Un soir, Terence, où le coeur désolé d'une dernière défaite tu riras courant sous une pluie aveuglante de regrets, tu t'effondreras sur la tendre poitrine de
"Celle Qui S'enfuit", et tu jouiras, un instant, de ta perte définitive. Fou d'une douloureuse résignation, tu béniras en gestes d'une insolence forcenée ta propre malédiction, car la
probité de tes juges te sera si douce que tu oublieras les caprices de ce monde.
A ce moment, tu m'appelleras, et je viendrai. Je te parlerai, tu consentiras à ouvrir les yeux, et tu verras mon visage d'amour. Les dernières ombres de ton
maquillage seront effacées, et tu sauras qui tu es.
Moi l'auteur véritable de ces lignes, enfin libéré, Terence, de ton emprise.
Terence

You Love Me ?
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A genius : la pianiste
HIROMI UEHARA :
"Mon amour, murmura-t-elle,
nous allons nous appartenir
dans un pays étrange que tu ne connais point.
Ce pays est celui des fous.
Je viens te dépouiller de tes sens vulgaires
pour t'en donner d'autres plus subtils,
plus raffinés.
Tu vas voir avec mes yeux,
goûter avec mes lèvres.
Dans ce pays, on rêve,
et cela suffit pour exister."
(Rachilde, 1885)

Träume (by Françoise
Hardy)
"Tropfen auf heisse Steine"
Localisation
de
mes passagers clandestins
(ci-dessous : online)









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