Who is Terence ?

  • : Toby Dammit's Trip
  • tobydammit
  • : Journal Intime
  • : Pas de couleur, mais le noir, plein de cris, plein de viols, partout autour, le vide autour, le noir jusqu'au regard qui se pose, le noir de fête et de nuit, parcelle de nuit en plein jour, sous le soleil doré des autres, être le soleil noir des autres.
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Profil

  • : Terence
  • tobydammit
  • : Homme
  • : 01/11/1974
  • : Paris Nantes Barcelone Ibiza
  • : Artiste-peintre mais aussi pigiste à la petite semaine, fantasme l'écriture - d'où ce blog, petit labo d'apprenti écrivain. Sinon, dingue de musique, et inconsolable d'avoir arrêté le piano à 17 ans qd j'ai tout plaqué pour découvrir le monde. Je n'ai rien découvert du tout, sinon l'illustration de la phrase de Chesterton : "On vit comme on rêve, seul."

Images Aléatoires 1

Images Aléatoires 2

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Recherche

Dimanche 3 février 2008


     Tu t'arrêtes, la bobine continue de se dérouler. Tu perds la vie. Cours ma chérie, détruis ce qui n'est que fugace étincelle, tout ce qui n'est pas lumière et à jamais.

     Regarde-moi. Ne reconnais-tu pas le lieu inviolable de ton intime souffrance, la souffrance mirage, l'abîme avant le shoot et ton suprême plaisir. Absorbe avec délices la douleur, au miroir que je te tends, tu te reconnaîtras enfin - et t'envahira l'ultime extase que tu fuyais depuis l'enfance. Abandonne-toi.

     Tu le sais, tu m'étreins depuis si longtemps. Ne te dégage pas, n'appelle pas au secours, c'est trop tard, et ça tu le sais aussi. Et que te fais, à toi, de ranimer les feux d'une raison fossile ?

     Maintenant, entends les fatales formules, échos de tes rêves - qui se relèveront de par ta volonté ranimée. N'aie crainte ! Personne n'a suivi le film, tes soupirs ne sont que ceux de la nature effrayée, n'aie crainte je suis là, toujours, tu es seule face à moi, nue, tu aimes ça... tu m'observes tandis qu'en toi je m'imprègne.

     Me lire c'est s'engager. Tu le sais, ce que de moi tu lis s'imprime en toi - avec d'autant plus de force que rien de ce que tu connaissais jusque-là ne peut en arrêter l'inoculation. Le vaisseau de Toby Dammit, pour être subgalactique, circule en tes veines. Nul recul n'est possible.

     Te souviens-tu de mes mots : "Nulle lâcheté n'écartera jamais la main du bourreau."

     Reconnais-toi au lieu inviolable de l'expression de ton intime souffrance : ceci même, là, maintenant, ce que tu lis... Oui ce que tu lis est maintenant en toi. Ne crains rien, au pur centre de la souffrance, plus de souffrance - de même qu'au centre du cyclone règne la paix.

     Une âme attentive est dévoreuse d'absolu, et la peur de se perdre est fille du désir. Ne t'inflige pas les ruines résignées du théâtre du temps. Sur les planches disjointes de la scène s'époumonent des femmes qui trébuchent, meurent et se relèvent, arrachant de leurs ongles les fards de l'espoir qui sans cesse renaissent. Ne sois pas des leurs.

     Regarde celle-ci, voyageuse imprudente, qui se tourna vers moi et découvrit mes yeux, se battant la poitrine, folle ou trop lucide qu'importe, aujourd'hui infligée de visions elle rampe à la recherche de ma main. Dis-moi, que vois-tu derrière elle ?

     Tu ne peux réprimer un réflexe d'épouvante, mais encore une fois : ne crains rien, je suis ton talisman. Seulement, ne t'endors pas, à moins d'encourir la visite de tes obsessions les plus définitives.

      Celle que tu vois errer entre les mots n'est autre que toi, le texte t'a donné vie, se prêtant à tes élans les plus farouches. Il vit en toi, et de toi, consens donc à sacrifier ta vie, à prendre ma vie chrysalide, qui n'attend plus que la chaleur de ton âme pour enfin se délivrer. S'élever. 

     Lis avec ferveur, ne relève pas les yeux. Si par malheur tu parvenais, dans un dernier sursaut, à t'agripper aux chaînes fragiles de la vie, se déploierait un désert où tu vivrais à jamais, seule à jamais, et je sais que cela te tente, plutôt que de me l'offrir, ta vie, car ton passé t'a fait connaître l'attraction de la chute, la divine tentation de la fatalité, qui répond au doux nom d' "effondrement".

     Elle lisait, et naquit en elle une raison nouvelle, vivant de sa combustion même. Elle y vit un nouveau jeu, et tendit les mains. De ces voluptueuses pensées la jeune fille ne revient pas intacte. Elle pense à Lautréamont :

     "On admire le jeune homme qui s'est suicidé. On l'admire, mais on ne l'imite pas."

     Doucement elle repousse les draps, se dresse - son cerveau a la noirceur de la nuit sidérale -, sort de son lit, et se dirige avec précautions vers la fenêtre, d'où elle se penche. Dans son rêve, elle se précipitait dans le vide.

     *  sur sa table de chevet, un vieux bouquin à la reliure de métal argenté : "Je suis le rêve"  *

     ...

     Il leva la tête. La silhouette d'une frêle jeune fille, là-haut, était éclairée par une lune mourante.

     Dormir n'est qu'un rêve, se disait-il. On n'échappe pas à l'insomnie, pour ne pas s'échapper à soi-même, pour rester attentif. Combien de fois n'ai-je pas dit : "On ne peut mourir que par manque d'attention."

     Pourtant mon amour qd je vous aime je veux mourir, dormir pour ne jamais plus me réveiller. Et qd je veux mourir j'accomplis les rites.

     A la nuit tombée il descend dans des bas-fonds qu'il connaît bien, là où depuis les pavés ulcérés d'artificielles lumières sortent des couteaux prompts à égorger, à éventrer. Il sait que mourir n'est qu'un mot mystérieux qu'évoquent les mages, et une vieille légende, mais il se dit : "Eh bien, Terence, pourquoi ne pas le vérifier ensemble ?"

     Il veut vivre encore. Encore un peu. Il sait qu'un geste suffirait pour bousculer l'univers et découvrir dessous, cachées, les eaux cristallines où court un enfant révolté qui porte son nom.

     Un soir, Terence, où le coeur désolé d'une dernière défaite tu riras courant sous une pluie aveuglante de regrets, tu t'effondreras sur la tendre poitrine de "Celle Qui S'enfuit", et tu jouiras, un instant, de ta perte définitive. Fou d'une douloureuse résignation, tu béniras en gestes d'une insolence forcenée ta propre malédiction, car la probité de tes juges te sera si douce que tu oublieras les caprices de ce monde.

     A ce moment, tu m'appelleras, et je viendrai. Je te parlerai, tu consentiras à ouvrir les yeux, et tu verras mon visage d'amour. Les dernières ombres de ton maquillage seront effacées, et tu sauras qui tu es.

     Moi l'auteur véritable de ces lignes, enfin libéré, Terence, de ton emprise.
  

 



Terence

par Terence publié dans : Short Stories
ajouter un commentaire commentaires (2)   

Bienvenue

                 

















      You  Love  Me  ?   

 =>
 
me contacter : 
lien 
contact (ou en bas de page) 
 => aller sur mon BlogLog :  CLIC 

Translate into
 =>
English, German   [x(About)]


                     
Entrez ! Ci-deSSus, mon
  cabarett 


I miss you, but I haven't 
          met you yet
               



 
 
    @Yes, it's me !@ 
     




Vote for my site : CLIC

 




                   
[mmmmmm] 

 

CURRENT MOON



Katherine Moennig
Ci-dessous
, extrait saison 5
(trailer épisode 2)
de la série "The L Word",
qui passe aux USA
depuis le 6 janvier 2008
DVD en France dans 2 ans...
Commandez-le aux States d'ici 3 mois
 

 

 

View blog top tags



A genius : la pianiste
HIROMI  UEHARA  :

 

 
"Mon amour, murmura-t-elle, 
nous allons nous appartenir 
dans un pays étrange que tu ne connais point.
Ce pays est celui des fous.
Je viens te dépouiller de tes sens vulgaires 
pour t'en donner d'autres plus subtils, 
plus raffinés.
Tu vas voir avec mes yeux, 
goûter avec mes lèvres.
Dans ce pays, on rêve, 
et cela suffit pour exister."
 
 
(Rachilde, 1885)





Träume (by Françoise Hardy)
"Tropfen auf heisse Steine"





 



// -->

 





Locations of visitors to this page

    Localisation  
 de mes passagers clandestins


(ci-dessous : online)

web stats



Nous ferons de grandes choses
Je t'aime






















                                    Terence                                          
                                    



Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Mes dieux

Edie-5.jpgjuliette-lewis07-th.jpgGary-Oldman-2.jpgLinda-L--.jpgVal--rie-Val--re-copie-2.jpgImage Hosted by ImageShack.us Free Image Hosting at www.ImageShack.us Image Hosted by ImageShack.us Image Hosted by ImageShack.us Free Image Hosting at www.ImageShack.us Free Image Hosting at www.ImageShack.us Free Image Hosting at www.ImageShack.us Image Hosted by ImageShack.us Free Image Hosting at www.ImageShack.us


    and  Becky    
   

http://girlinshortshorts.blogspot.com 
a postmodern neo-feminist
libertarian cyberpunk gay girl


    
Blog : Consommation sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus