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  • : Toby Dammit's Trip
  • Toby Dammit's Trip
  • : Regarde-moi. Ne reconnais-tu pas le lieu inviolable de ton intime souffrance, la souffrance mirage, l'abîme avant le shoot et le suprême plaisir. Absorbe avec délice la douleur - au miroir que je te tends tu te reconnaîtras enfin - et t'envahira l'ultime extase que tu fuyais depuis l'enfance. Abandonne-toi.
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  • Terence Carroll
  • Ecrivain gigolo métaphysique à personnalité multiple, je me toque de l'excellente sorcellerie qui fait débusquer Dieu sous les jupes des filles. Night sky I'm sex and blood, no limit forever and ever. C'est sans espoir. Pourvou qué ça doure.
  • Ecrivain gigolo métaphysique à personnalité multiple, je me toque de l'excellente sorcellerie qui fait débusquer Dieu sous les jupes des filles. Night sky I'm sex and blood, no limit forever and ever. C'est sans espoir. Pourvou qué ça doure.

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4 février 2007 7 04 /02 /février /2007 02:19

 


Un de mes livres de chevet, ce texte très court - une douzaine de pages dans l'édition française (Actes Sud) -, "Notre besoin de consolation est impossible à rassasier"...


Cet ouvrage, tjrs à portée de main pour ces moments où je pressens la fatigue ou la lassitude borderline à combattre des moulins à vent, ces moments que j'appelle des "alertes de début de montée de panique" - dont je connais trop bien le danger.


Vous savez, ces trucs que les psy appellent des "sensations de mort immédiate" et que les médias nomment pudiquement "attaques de panique".


Cet ouvrage de Stig Dagerman par son intensité et sa beauté remplace pour moi depuis des années tous les Xanax du monde - si toutefois j'ai été suffisamment attentif pour commencer à le lire "à temps".


Car ceux qui connaissent ces "attaques de panique" (qqc qui semble être l'une de ces nouvelles maladies générées - ou tout au moins "propagées" - dans les deux dernières décades du XXe siècle, si j'en crois mes petites recherches sur le sujet dans la sémiologie psychiatrique), ceux qui connaissent, disais-je, savent qu'il est un point d' "avertissement de non-retour" où l'ultime recours est la camisole chimique.


Cet ouvrage est une panacée (un placebo ? qu'importe !) pour mes petits nerfs fragiles en dépit des disciplines ultraviolentes (trad. poss. : "à cause de") dont je me nourris (trad. poss. : "que je m'inflige") pour rester en éveil et opérationnel nuit et jour (j'exagère ? oui, c'est une aspiration à double sens - et vas-y que je m'embrouille tout seul), en élève appliqué de la psychasthénie ou de la bipolarité...


Question. Je suis dans quelle phase, là ?


Soyez tranquilles, "She's lost control" (Ian Curtis, Joy Division), c'est pas moi - OK ça le sera, si je me mets à croire en une quelconque échéance.


"Echéance", quel mot !


Fait partie de ces mots dont le sens en soi contient la perte des sens - et du sens commun, e.d. la saisie corps et biens & bannissement à vie en HP.


Donc à mon tour d'échoir je passe la main, me croyant très malin. Je sais pas si j'ai perdu ma mise, et je rigole de pas savoir qd je vois l'état d'expropriation des intelligences à vouloir savoir... Oui je sais, le péché originel, l'arbre de la Connaissance, le fruit d'Eve, l'irréversibilité des actes et du temps, et tout le tralala, Faust, la caverne de Platon, le Rédempteur, la fin de Dom Juan, la fin d'Axel (Villiers), casuistique, stochastique, où ça les leurres de la causalité qd "le but n'est pas le but mais le chemin" ?


Mais que je sois ce que tu dis, si tu le dis, le chiffre 7 est mon chiffre le 7e mois et blablabla... "Si tu le dis à toi je l'entends mais tu sais pas moi, et ne crois pas..." (yes je me cite Mister T. Iself, c'était dans quel article ?). Bon, vous regardez à "Holistique" dans Wikipedia.


Bien, il y a donc mes livres-poèmes sauveurs à mon chevet de grand malade, "Le Prince heureux" d'Oscar Wilde, dont j'ai déjà parlé, bcp d'autres - tiens, une grande phrase creuse ("Ces grandes phrases creuses dans lesquelles on tombe dedans", Raymond Queneau) me vient mais j'y résiste - ça commençait par "la vie est une escalade à mains nues", tu penses bien que je suis passé en mode alerte...


Bcp d'autres, oui, parades à chacun de mes modes alerte, justement.


Et ce texte de Stig Dagerman.


Lequel bien sûr en finira très jeune (> lien en note de bas de page).



 

 


Notre besoin de consolation est impossible à rassasier (1952)
Stig DAGERMAN (1923-1954)
Traduit du suédois par Philippe Bouquet


 

Stig Dagerman :

Stig Dagerman"Je suis dépourvu de foi et ne puis donc
être heureux, car un homme qui risque de
craindre que sa vie soit une errance
absurde vers une mort certaine ne peut
être heureux. Je n’ai reçu en héritage ni
dieu, ni point fixe sur la terre d’où je
puisse attirer l’attention d’un dieu : on ne
m’a pas non plus légué la fureur bien
déguisée du sceptique, les ruses de Sioux
du rationaliste ou la candeur ardente de
l’athée. Je n’ose donc jeter la pierre ni à celle qui croit en des choses
qui ne m’inspirent que le doute, ni à celui qui cultive son doute comme
si celui-ci n’était pas, lui aussi, entouré de ténèbres. Cette pierre
m’atteindrait moi-même car je suis bien certain d’une chose : le besoin
de consolation que connaît l’être humain est impossible à rassasier.


En ce qui me concerne, je traque la consolation comme le chasseur
traque le gibier. Partout où je crois l’apercevoir dans la forêt, je tire.
Souvent je n’atteins que le vide mais, une fois de temps en temps,
une proie tombe à mes pieds. Et, comme je sais que la consolation
ne dure que le temps d’un souffle de vent dans la cime d’un arbre,
je me dépêche de m’emparer de ma victime.

Qu’ai-je alors entre mes bras ?


Puisque je suis solitaire : une femme aimée ou un compagnon de
voyage malheureux. Puisque je suis poète : un arc de mots que je
ressens de la joie et de l’effroi à bander. Puisque je suis prisonnier :
un aperçu soudain de la liberté. Puisque je suis menacé par la mort :
un animal vivant et bien chaud, un cœur qui bat de façon sarcastique.
Puisque je suis menacé par la mer : un récif de granit bien dur.


Mais il y a aussi des consolations qui viennent à moi sans y être
conviées et qui remplissent ma chambre de chuchotements odieux :
Je suis ton plaisir – aime-les tous ! Je suis ton talent – fais-en aussi
mauvais usage que de toi-même ! Je suis ton désir de jouissance –
seuls vivent les gourmets ! Je suis ta solitude – méprise les hommes !
Je suis ton aspiration à la mort – alors tranche !


Le fil du rasoir est bien étroit. Je vois ma vie menacée par deux
périls : par les bouches avides de la gourmandise, de l’autre par
l’amertume de l’avarice qui se nourrit d’elle-même. Mais je tiens
à refuser de choisir entre l’orgie et l’ascèse, même si je dois pour
cela subir le supplice du gril de mes désirs. Pour moi, il ne suffit
pas de savoir que, puisque nous ne sommes pas libres de nos
actes, tout est excusable. Ce que je cherche, ce n’est pas une excuse
à ma vie mais exactement le contraire d’une excuse : le pardon.
L’idée me vient finalement que toute consolation ne prenant pas
en compte ma liberté est trompeuse, qu’elle n’est que l’image
réfléchie de mon désespoir. En effet, lorsque mon désespoir me dit :
Perds confiance, car chaque jour n’est qu’une trêve entre deux nuits,
la fausse consolation me crie : Espère, car chaque nuit n’est qu’une
trêve entre deux jours.


Mais l’humanité n’a que faire d’une consolation en forme de mot
d’esprit : elle a besoin d’une consolation qui illumine. Et celui qui
souhaite devenir mauvais, c’est-à-dire devenir un homme qui agisse
comme si toutes les actions étaient défendables, doit au moins avoir
la bonté de le remarquer lorsqu’il y parvient.


Personne ne peut énumérer tous les cas où la consolation est une
nécessité. Personne ne sait quand tombera le crépuscule et la vie
n’est pas un problème qui puisse être résolu en divisant la lumière
par l’obscurité et les jours par les nuits, c’est un voyage imprévisible
entre des lieux qui n’existent pas. Je peux, par exemple, marcher sur le
rivage et ressentir tout à coup le défi effroyable que l’éternité lance à
mon existence dans le mouvement perpétuel de la mer et dans la fuite
perpétuelle du vent. Que devient alors le temps, si ce n’est une
consolation pour le fait que rien de ce qui est humain ne dure – et
quelle misérable consolation, qui n’enrichit que les Suisses !


Je peux rester assis devant un feu dans la pièce la moins exposée de
toutes au danger et sentir soudain la mort me cerner. Elle se trouve
dans le feu, dans tous les objets pointus qui m’entourent, dans le
poids du toit et dans la masse des murs, elle se trouve dans l’eau,
dans la neige, dans la chaleur et dans mon sang. Que devient alors
le sentiment humain de sécurité si ce n’est une consolation pour le
fait que la mort est ce qu’il y a de plus proche de la vie – et quelle
misérable consolation, qui ne fait que nous rappeler ce qu’elle veut
nous faire oublier !


Je peux remplir toutes mes pages blanches avec les plus belles
combinaisons de mots que puisse imaginer mon cerveau. Etant
donné que je cherche à m’assurer que ma vie n’est pas absurde et
que je ne suis pas seul sur la terre, je rassemble tous ces mots en
un livre et je l’offre au monde. En retour, celui-ci me donne la ri-
chesse, la gloire et le silence. Mais que puis-je bien faire de cet
argent et quel plaisir puis-je prendre à contribuer au progrès de la
littérature – je ne désire que ce que je n’aurai pas : confirmation de
ce que mes mots ont touché le cœur du monde. Que devient alors
mon talent si ce n’est une consolation pour le fait que je suis seul –
mais quelle épouvantable consolation, qui me fait simplement
ressentir ma solitude cinq fois plus fort !


Je peux voir la liberté incarnée dans un animal qui traverse rapidement
une clairière et entendre une voix qui chuchote : Vis simplement,
prends ce que tu désires et n’aie pas peur des lois ! Mais qu’est-ce
que ce bon conseil si ce n’est une consolation pour le fait que la liberté
n’existe pas – et quelle impitoyable consolation pour celui qui s’avise
que l’être humain doit mettre des millions d’années à devenir un lézard !


Pour finir, je peux m’apercevoir que cette terre est une fosse commune
dans laquelle le roi Salomon, Ophélie et Himmler reposent côte à côte.
Je peux en conclure que le bourreau et la malheureuse jouissent de la
même mort que le sage, et que la mort peut nous faire l’effet d’une
consolation pour une vie manquée. Mais quelle atroce consolation
pour celui qui voudrait voir dans la vie une consolation pour la mort !


Je ne possède pas de philosophie dans laquelle je puisse me mouvoir
comme le poisson dans l’eau ou l’oiseau dans le ciel. Tout ce que je
possède est un duel, et ce duel se livre à chaque minute de ma vie entre
les fausses consolations, qui ne font qu’accroître mon impuissance
et rendre plus profond mon désespoir, et les vraies, qui me mènent
vers une libération temporaire. Je devrais peut-être dire : la vraie car,
à la vérité, il n’existe pour moi qu’une seule consolation qui soit réelle,
celle qui me dit que je suis un homme libre, un individu inviolable, un
être souverain à l’intérieur de ses limites.


Mais la liberté commence par l’esclavage et la souveraineté par la
dépendance. Le signe le plus certain de ma servitude est ma peur
de vivre. Le signe définitif de ma liberté est le fait que ma peur laisse
la place à la joie tranquille de l’indépendance. On dirait que j’ai
besoin de la dépendance pour pouvoir finalement connaître la
consolation d’être un homme libre, et c’est certainement vrai. A la
lumière de mes actes, je m’aperçois que toute ma vie semble n’avoir
eu pour but que de faire mon propre malheur. Ce qui devrait m’ap-
porter la liberté m’apporte l’esclavage et les pierres en guise de pain.


Les autres hommes ont d’autres maîtres. En ce qui me concerne,
mon talent me rend esclave au point de pas oser l’employer, de peur
de l’avoir perdu. De plus, je suis tellement esclave de mon nom que
j’ose à peine écrire une ligne, de peur de lui nuire. Et, lorsque la
dépression arrive finalement, je suis aussi son esclave. Mon plus
grand désir est de la retenir, mon plus grand plaisir est de sentir que
tout ce que je valais résidait dans ce que je crois avoir perdu : la
capacité de créer de la beauté à partir de mon désespoir, de mon
dégoût et de mes faiblesses. Avec une joie amère, je désire voir mes
maisons tomber en ruine et me voir moi-même enseveli sous la neige
de l’oubli. Mais la dépression est une poupée russe et, dans la
dernière poupée, se trouvent un couteau, une lame de rasoir, un
poison, une eau profonde et un saut dans un grand trou. Je finis par
devenir l’esclave de tous ces instruments de mort. Ils me suivent
comme des chiens, à moins que le chien, ce ne soit moi. Et il me
semble comprendre que le suicide est la seule preuve de la liberté
humaine.


Mais, venant d’une direction que je ne soupçonne pas encore,
voici que s’approche le miracle de la libération. Cela peut se produire
sur le rivage, et la même éternité qui, tout à l’heure, suscitait mon
effroi est maintenant le témoin de mon accession à la liberté. En quoi
consiste donc ce miracle ? Tout simplement dans la découverte
soudaine que personne, aucune puissance, aucun être humain, n’a
le droit d’énoncer envers moi des exigences telles que mon désir de
vivre vienne à s’étioler. Car si ce désir n’existe pas, qu’est-ce qui
peut alors exister ?


Puisque je suis au bord de la mer, je peux apprendre de la mer.
Personne n’a le droit d’exiger de la mer qu’elle porte tous les bateaux,
ou du vent qu’il gonfle perpétuellement toutes les voiles. De même,
personne n’a le droit d’exiger de moi que ma vie consiste à être
prisonnier de certaines fonctions. Pour moi, ce n’est pas le devoir
avant tout mais : la vie avant tout. Tout comme les autres hommes,
je dois avoir droit à des moments où je puisse faire un pas de côté
et sentir que je ne suis pas seulement une partie de cette masse que
l’on appelle la population du globe, mais aussi une unité autonome.


Ce n’est qu’en un tel instant que je peux être libre vis-à-vis de tous
les faits de la vie qui, auparavant, ont causé mon désespoir. Je peux
reconnaître que la mer et le vent ne manqueront pas de me survivre
et que l’éternité se soucie peu de moi. Mais qui me demande de me
soucier de l’éternité ? Ma vie n’est courte que si je la place sur le
billot du temps. Les possibilités de ma vie ne sont limitées que si je
compte le nombre de mots ou le nombre de livres auxquels j’aurai le
temps de donner le jour avant de mourir. Mais qui me demande de
compter ? Le temps n’est pas l’étalon qui convient à la vie. Au fond,
le temps est un instrument de mesure sans valeur car il n’atteint que
les ouvrages avancés de ma vie.


Mais tout ce qui m’arrive d’important et tout ce qui donne à ma vie
son merveilleux contenu : la rencontre avec un être aimé, une caresse
sur la peau, une aide au moment critique, le spectacle du clair de lune,
une promenade en mer à la voile, la joie que l’on donne à un enfant,
le frisson devant la beauté, tout cela se déroule totalement en dehors
du temps. Car peu importe que je rencontre la beauté l’espace d’une
seconde ou l’espace de cent ans. Non seulement la félicité se situe en
marge du temps mais elle nie toute relation entre celui-ci et la vie.


Je soulève donc de mes épaules le fardeau du temps et, par la même
occasion, celui des performances que l’on exige de moi. Ma vie n’est
pas quelque chose que l’on doive mesurer. Ni le saut du cabri ni le
lever du soleil ne sont des performances. Une vie humaine n’est pas
non plus une performance, mais quelque chose qui grandit et cher-
che à atteindre la perfection. Et ce qui est parfait n’accomplit pas de
performance : ce qui est parfait œuvre en état de repos. Il est absurde
de prétendre que la mer soit faite pour porter des armadas et des
dauphins. Certes, elle le fait – mais en conservant sa liberté. Il est
également absurde de prétendre que l’homme soit fait pour autre chose
que pour vivre. Certes, il approvisionne des machines et il écrit des
livres, mais il pourrait tout aussi bien faire autre chose. L’important
est qu’il fasse ce qu’il fait en toute liberté et en pleine conscience de
ce que, comme tout autre détail de la création, il est une fin en soi.
Il repose en lui-même comme une pierre sur le sable.


Je peux même m’affranchir du pouvoir de la mort. Il est vrai que je ne
peux me libérer de l’idée que la mort marche sur mes talons et encore
moins nier sa réalité. Mais je peux réduire à néant la menace qu’elle
constitue en me dispensant d’accrocher ma vie à des points d’appui
aussi précaires que le temps et la gloire.


Par contre, il n’est pas en mon pouvoir de rester perpétuellement
tourné vers la mer et de comparer sa liberté avec la mienne. Le moment
arrivera où je devrai me retourner vers la terre et faire face aux orga-
nisateurs de l’oppression dont je suis victime. Ce que je serai alors
contraint de reconnaître, c’est que l’homme a donné à sa vie des
formes qui, au moins en apparence, sont plus fortes que lui. Même
avec ma liberté toute récente je ne puis les briser, je ne puis que
soupirer sous leur poids. Par contre, parmi les exigences qui pèsent
sur l’homme, je peux voir lesquelles sont absurdes et lesquelles sont
inéluctables. Selon moi, une sorte de liberté est perdue pour toujours
ou pour longtemps. C’est la liberté qui vient de la capacité de posséder
son propre élément. Le poisson possède le sien, de même que l’oiseau
et que l’animal terrestre. Thoreau avait encore la forêt de Walden –
mais où est maintenant la forêt où l’être humain puisse prouver
qu’il est possible de vivre en liberté en dehors des formes figées
de la société ?


Je suis obligé de répondre : nulle part. Si je veux vivre libre, il faut
pour l’instant que je le fasse à l’intérieur de ces formes. Le monde est
donc plus fort que moi. A son pouvoir je n’ai rien à opposer que moi-
même – mais, d’un autre côté, c’est considérable. Car, tant que je ne
me laisse pas écraser par le nombre, je suis moi aussi une puissance.
Et mon pouvoir est redoutable tant que je puis opposer la force
de mes mots à celle du monde, car celui qui construit des prisons
s’exprime moins bien que celui qui bâtit la liberté. Mais ma puissance
ne connaîtra plus de bornes le jour où je n’aurai plus que le silence
pour défendre mon inviolabilité, car aucune hache ne peut avoir de
prise sur le silence vivant.


Telle est ma seule consolation. Je sais que les rechutes dans le dé-
sespoir seront nombreuses et profondes, mais le souvenir du miracle
de la libération me porte comme une aile vers un but qui me donne
le vertige : une consolation qui soit plus qu’une consolation et plus
grande qu’une philosophie, c’est-à-dire une raison de vivre."

 

 

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Tiré de http://perso.orange.fr

 

Titre original: Vârt behov av tröst © Norstedt & Söners, Stockholm

© ACTES SUD, 1981 pour la traduction française

Lire l'article Stig Dagerman ou l'innocence préservée consacré à Stig Dagerman

 

  

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commentaires

Camille 16/06/2008 14:40

C'est un texte magnifique, qui condense une telle émotion... Je l'ai découvert par le groupe de musique Têtes Raides, qui le lisent sur un accompagnement musical, dans leur dernier album Banco. Je vous le conseille, c'est remarquable (même si c'est surtout l'essence du texte qui, selon moi, donne sa force et son intensité au morceau). Voila, Têtes Raides, album Banco. D'ailleurs, le reste de l'album est tout aussi réussi!

nine 11/07/2007 02:49

je sais pas ce que je fais là....!,suis fatiguée....tu es fatigant! des heures que je lis en diagonale ton blog...et pendant ce temps là,je ne peins pas!à cause de mon fils Dorian qui vient de finir le pavillon de Valerie et cherchait un site...il est sous le charme,pas morbide j'espère... me dit qu'il voudrait lui faire un VRAI site...moi j'ai envie ,entre 2 attacks de panique de peindre son visage,je commence demain....donc bonne nuit le fatigant!

Lili 04/03/2007 11:41

Je me suis absentée quelques temps. A peine revenue mon lien chez toi est déjà à jour ... Un immense merci.
J'espère lire un nouvel article de toi bientôt.

Handi@dy 01/03/2007 13:21

Hello Terence! Merci de ta visite chez moi... Sans parler de ton commentaire qui m'est allé droit au coeur, même si je trouve que tu exagères ;-) J'ai un style très écolier... Peut-être est-ce ma sincérité qui touche le lecteur avant tout. Ou mon naturel. Comme toi, je suis venue à plusieurs reprises sur ton blog, intriguée... Très profond ton blog, et si j'en avais le temps et l'énergie, je gagnerais sûrement à découvrir tes coups de coeur! A lire tes auteurs, à écouter tes musiques! La maladie bouffe mon temps de vie, alors je fais des choix, pas toujours heureux.
J'ai lu cet article en tant qu'être en quête perpétuelle de sens (de la vie). J'ai connu aussi les crises de panique. Elles apparaissent au moment du sevrage d'une forte dose de corticoïdes. Les médecins oublient simplement de t'en parler! Puis, j'en ai fait plusieurs lors de ma dépression récente (ap harcèlement moral au boulot pendant 4 ans), malgré un médoc censé m'aider. Elles ont disparu depuis que j'ai décidé de donner MON sens à la vie. Ce jour-là j'ai arrêté mon anti-dépresseur aussi. Depuis, plus de crise de panique, et pourtant, il y a tant de choses sur cette planète qui me font désespérer, me donnent envie de hurler!
Tu es un être très sensible, ce qui t'honore et te permet de comprendre ce qui échappe à d'autres. Et comme tout être à fleur de peau, tu en goûtes également le fiel. Alors, ton inspiration, ele reviendra... Elle a besoin, pour se nourrir, que tu lui donnes de ta personne... BIZZZ, @dy.

bag erra 17/02/2007 17:46

Etrange hasard i spoke about you last night, briefly, to a stranger telling him there are "strange people" on the net who hide themselves behind the screen and never unveil their mask and fail to mess up with the plebean world, then suddenly here you are... damned ! you did it again...LOL

Titia 06/02/2007 11:12

test

Terence Carroll 04/06/2014 00:38



Done



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